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Avant France 2, Julian Bugier servait des clients… et faisait la plonge. Quel hasard a donc conduit le beau visage du 13 Heures à devenir journaliste ?

  • Photo du rédacteur: Auriane Laurent
    Auriane Laurent
  • il y a 2 jours
  • 5 min de lecture
Julian Bugier, de l’épicerie de Wimbledon aux plateaux de France 2 : un parcours façonné par l’imprévu

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Il existe des bifurcations de vie qui, sur le moment, ressemblent à des erreurs ou à des échecs. Pour Julian Bugier, ce fut l’arrêt brutal de ses études d’économie à l’âge de 19 ans. Inscrit dans une filière prestigieuse, il abandonne au bout de trois mois seulement. Un choix qui aurait pu le condamner à l’errance, ou du moins à une forme d’instabilité. Mais c’est précisément dans ce vide, dans cette brèche entre l’école et le monde adulte, qu’a germé la possibilité d’une carrière de journaliste.


Sa mère, lucide et pragmatique, pose alors un cadre : « Tu veux être journaliste, tu as arrêté tes études… il te reste six mois avant les concours. Trouve quelque chose d’intelligent à faire pendant ce laps de temps. » Cette injonction, plutôt que de sonner comme une remontrance, agit comme un déclencheur. Julian décide de partir. Une valise, quelques contacts à Londres, presque pas d’argent, et beaucoup d’incertitudes : voilà les bagages qui l’emmènent outre-Manche.


L’Angleterre comme terrain d’apprentissage

Avant de s’asseoir ici, à Wimbledon, en tant qu’invité, Julian Bugier y avait exercé bien des petits boulots de service.
Avant de s’asseoir ici, à Wimbledon, en tant qu’invité, Julian Bugier y avait exercé bien des petits boulots de service.

Wimbledon n’est pas seulement le temple du tennis. Pour le jeune Français, c’est surtout l’endroit où il trouve son premier emploi alimentaire : épicier dans une boutique française. Derrière le comptoir, il découvre la rigueur du travail quotidien, le contact avec les clients, la discipline qu’impose un commerce. Rien de très prestigieux, mais une véritable école de vie.

Rapidement, il enchaîne les petits boulots : barman, plongeur, babysitter.


Chaque métier lui apporte une leçon, parfois rude, souvent utile. « Je me suis débrouillé. Ça a été une super école, l’école de la vie », confie-t-il plus tard au micro de RTL. Dans ce Londres cosmopolite, bruyant et exigeant, il apprend l’autonomie, la patience, l’art d’écouter et d’observer. Autant de qualités qui deviendront indispensables dans sa carrière de journaliste.


L’instabilité comme tremplin

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Beaucoup auraient vu dans cette succession de petits jobs une perte de temps, un détour inutile. Pour Julian Bugier, ce fut tout le contraire. Ce désordre apparent a forgé une maturité précoce. Il découvre que l’imprévu peut devenir une ressource, et que la fragilité d’une situation est parfois l’occasion d’inventer sa propre trajectoire.


C’est aussi dans cette période de flottement qu’il croise la bonne personne, au bon moment. Grâce à un contact précieux, il obtient une opportunité à Bloomberg. L’univers change radicalement : fini les étagères de l’épicerie et les plateaux de verre à essuyer au bar, place aux salles de rédaction et à l’information économique internationale. Ce passage constitue une première initiation concrète au journalisme.


Une vocation née dans l’entre-deux

S’il avait poursuivi ses études d’économie, Julian Bugier aurait sans doute suivi une voie classique, balisée, rassurante. Or, en quittant le système académique, il s’est offert une liberté risquée mais féconde. Cette parenthèse londonienne, loin de l’écarter du journalisme, l’y a ramené par un chemin inattendu.


Lui-même reconnaît que sans cette décision impulsive, il n’aurait peut-être jamais franchi la porte de Bloomberg. Or c’est précisément là qu’il commence à comprendre les rouages de l’information financière, à aiguiser sa curiosité et à développer un sens de l’actualité mondiale. Le hasard n’en est plus vraiment un : son échec universitaire initial apparaît comme l’étape indispensable pour révéler sa véritable vocation.


Né dans le Loir-et-Cher, Julian Bugier a souvent parlé de son enfance « cabossée ». Rien ne le prédestinait à devenir la figure incontournable du 13 heures de France 2. Pourtant, cette enfance et cette jeunesse marquées par la débrouille lui ont donné une énergie particulière. Là où d’autres s’essoufflent, lui persévère. Là où d’autres s’accrochent à la sécurité, lui choisit l’aventure.

Le parcours qui l’a mené jusqu’à la télévision publique française n’est donc pas linéaire. Mais il est profondément cohérent : chaque détour, chaque échec apparent, chaque emploi précaire a servi de marche vers ce qu’il est devenu.


La stabilité conquise, sans jamais renier l’instabilité d’hier

Aujourd’hui, à 44 ans, Julian Bugier présente le journal de 13 heures de France 2, un rendez-vous incontournable pour des millions de téléspectateurs. À ses côtés, sa femme, la journaliste économique Claire Fournier, et leurs deux enfants, Lucien et Gabrielle, incarnent un équilibre personnel et familial solide. Pourtant, derrière cette image lisse et rassurante, il reste l’ombre de l’aventurier improvisé qui traversait la Manche avec une valise presque vide.

C’est sans doute pour cela que son journal garde une tonalité singulière. Son sérieux est réel, mais jamais figé. Sa curiosité transpire dans ses interventions, et l’on devine qu’il n’a jamais cessé de considérer le monde comme une école vivante.


Cet été, le couple a voyagé entre la Bretagne, la Normandie et le Japon. Un périple qui illustre parfaitement le goût de Bugier pour la découverte et l’ouverture. Même dans la réussite et la notoriété, il cultive cette idée que l’ailleurs nourrit toujours le regard. Ses vacances ne sont pas seulement une parenthèse, elles sont le prolongement d’une philosophie forgée à 19 ans : partir, voir, expérimenter.


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Quand l’instabilité construit la crédibilité

Il est frappant de constater que ce qui pouvait passer pour une fragilité dans sa jeunesse est devenu une force dans son métier actuel. Comment parler de l’économie, de la société, des réalités quotidiennes, si l’on n’a jamais eu à compter ses pièces de monnaie pour payer un loyer, ou à enchaîner les heures derrière un bar ?


Julian Bugier ne revendique pas une légitimité supérieure à ses confrères, mais son parcours lui confère une crédibilité particulière. Il sait ce que veut dire « se débrouiller ». Il sait ce que coûte un kilo de pommes de terre parce qu’il en a vendu. Il sait ce que signifie rentrer épuisé d’un service de nuit parce qu’il en a connu.


Dans un paysage médiatique parfois critiqué pour son éloignement des réalités sociales, Bugier se distingue par ce socle d’expérience concrète. Cela ne transparaît pas toujours explicitement à l’antenne, mais son regard est empreint de cette histoire. Et c’est peut-être la raison pour laquelle il parvient à établir une relation de confiance avec le public.


Ses téléspectateurs ne voient pas seulement un journaliste impeccable en costume, ils devinent aussi l’ancien épicier, le barman, le jeune homme hésitant mais volontaire qui a traversé une période de doute avant de trouver sa voie.


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Une leçon de trajectoire pour les générations futures

L’histoire de Julian Bugier est un rappel puissant pour tous ceux qui, à 20 ans, s’inquiètent de ne pas trouver immédiatement leur voie. Ce n’est pas toujours la ligne droite qui mène au succès. Parfois, les détours, les arrêts, les retours en arrière sont précisément ce qui rend un parcours unique et solide.


Bugier, par son récit, transmet une leçon implicite : l’instabilité peut être féconde, le doute peut être fertile, et l’échec peut ouvrir la porte du vrai chemin.


De Wimbledon à France 2, du comptoir d’une épicerie aux caméras d’un plateau télé, Julian Bugier incarne une réussite qui doit tout à l’imprévu. Sans son abandon des études, sans ce départ un peu insensé pour Londres, sans ces petits boulots ingrats, il n’aurait peut-être jamais franchi les portes de Bloomberg ni découvert la puissance de l’information.


Aujourd’hui, lorsqu’il s’installe face aux caméras pour annoncer les nouvelles de la mi-journée, il porte avec lui cette histoire singulière. Elle rappelle à chacun que les chemins les plus tortueux peuvent mener aux plus belles évidences. Sa carrière n’est pas seulement un succès médiatique : elle est la démonstration vivante qu’un faux pas peut parfois devenir la première marche vers une destinée accomplie.


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