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"Des vi-ols répétés..." : Coline Berry s'exprime devant le Parlement et accuse de nouveau Richard Berry

  • Photo du rédacteur: Auriane Laurent
    Auriane Laurent
  • il y a 20 heures
  • 5 min de lecture
"Je suis née dans la violence… et ce que j’ai vécu ensuite ne m’a jamais quittée."
Le 29 avril 2026, dans une atmosphère à la fois solennelle et chargée d’émotion, Coline Berry a pris la parole devant une commission d’enquête de l’Assemblée nationale consacrée au traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales. Un moment rare, profondément marquant, où la parole intime rencontre l’espace public, où une histoire personnelle devient aussi une question collective.
Face aux députés, la fille de Richard Berry est revenue sur les accusations qu’elle porte contre son père depuis plusieurs années. Des accusations graves, déjà rendues publiques en 2021, et qui continuent de susciter débats, interrogations et émotions dans l’opinion. Lors de cette audition, elle a choisi de raconter à nouveau son histoire, avec des mots empreints de gravité, cherchant à donner du sens à un parcours marqué, selon elle, par la violence et le silence.
Son intervention s’inscrit dans un contexte particulier. Depuis plusieurs années, les institutions françaises tentent de mieux comprendre les mécanismes des violences intrafamiliales, notamment lorsqu’elles concernent des situations d’inceste. La commission devant laquelle elle s’exprimait a précisément pour objectif d’analyser les failles éventuelles du système judiciaire, mais aussi d’entendre celles et ceux qui ont vécu ces réalités, afin d’éclairer les décisions futures.
Dès les premières minutes de son témoignage, Coline Berry a replacé son récit dans une temporalité plus large. Elle a évoqué un environnement qu’elle décrit comme violent avant même sa naissance. Selon ses déclarations, sa mère aurait été victime de violences conjugales alors qu’elle était enceinte. Ce contexte initial, loin d’être anecdotique à ses yeux, constituerait le point de départ d’une histoire personnelle marquée par une forme de continuité dans la violence.
Au fil de son intervention, elle a abordé les faits qu’elle dit avoir subis durant son enfance. Elle a parlé de violences sexuelles répétées, décrivant des souvenirs fragmentés mais persistants, faits d’images, de sensations, et de traces qui, selon elle, ne s’effacent pas avec le temps. Son témoignage, livré avec retenue mais intensité, a plongé l’assemblée dans un silence attentif.
Il est essentiel de rappeler, dans ce contexte, que les accusations portées par Coline Berry contre son père ont fait l’objet d’une procédure judiciaire. En 2021, elle avait déposé plainte pour des faits qualifiés notamment de "viols et agressions sexuelles sur mineure". Toutefois, en 2022, cette plainte a été classée sans suite en raison de la prescription des faits, ce qui signifie que la justice ne pouvait plus engager de poursuites pénales. En l’absence de jugement sur le fond, Richard Berry demeure présumé innocent des faits qui lui sont reprochés.
Parallèlement à ces accusations, Coline Berry avait également mis en cause Jeane Manson, qui partageait alors la vie de son père à l’époque des faits. Cette dernière avait réagi en déposant plainte pour diffamation. En avril 2022, le tribunal correctionnel d’Aurillac avait reconnu Coline Berry coupable de diffamation. Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là. Après un pourvoi en cassation, la Cour de cassation a annulé cette décision en décembre 2023, renvoyant l’affaire devant une cour d’appel. En juillet 2024, la cour d’appel de Lyon a finalement relaxé Coline Berry, mettant un terme provisoire à ce volet judiciaire.
Devant la commission parlementaire, Coline Berry n’a pas seulement évoqué les faits qu’elle dit avoir subis. Elle a également décrit un climat familial qu’elle présente comme marqué par une forme d’emprise psychologique. Selon ses propos, le silence aurait été la règle, une organisation implicite au sein de ce qu’elle qualifie de "clan". Elle a expliqué que, dans cet environnement, la parole n’était pas encouragée, et que la figure paternelle ne pouvait être remise en question.
Elle a aussi raconté ses premières tentatives, enfant, pour alerter son entourage. Elle a évoqué des gestes, des comportements, une manière de s’exprimer sans mots, faute de pouvoir nommer ce qu’elle vivait. Ces éléments, présentés comme des signaux adressés à sa mère, n’auraient pas permis, selon elle, de mettre fin à la situation. Elle en tire une conclusion forte : celle d’un apprentissage précoce du silence, où parler ne suffit pas toujours à être entendu.
Au-delà de son cas personnel, Coline Berry a insisté sur la nécessité de considérer l’inceste non pas comme une question de sexualité, mais comme une forme de domination et de possession. Une manière de rappeler que ces violences s’inscrivent dans des rapports de pouvoir profondément déséquilibrés, où l’enfant se trouve privé de toute possibilité de défense.
Son témoignage, relayé notamment par LCP, s’inscrit dans un mouvement plus large de libération de la parole autour des violences sexuelles, amorcé en France depuis plusieurs années. Mais il met aussi en lumière les limites du système judiciaire face à des faits anciens, souvent difficiles à prouver, et fréquemment prescrits.
La question de la prescription, justement, demeure au cœur des débats. De nombreuses voix s’élèvent pour demander une évolution de la législation, afin de permettre aux victimes de porter plainte plus tard dans leur vie. Car dans les cas d’inceste, le temps nécessaire pour comprendre, verbaliser et affronter les faits peut être particulièrement long.
En choisissant de témoigner devant les représentants de la nation, Coline Berry a franchi une nouvelle étape dans son parcours. Son intervention ne vise pas seulement à raconter une histoire personnelle, mais aussi à contribuer à une réflexion collective sur la manière dont la société accueille, écoute et traite ces récits.
Dans l’hémicycle, l’émotion était palpable. Mais au-delà de l’émotion, c’est une forme de responsabilité qui semblait s’imposer. Celle de transformer ces paroles en actions concrètes, en évolutions législatives, en dispositifs de soutien plus efficaces pour les victimes.
Ce type de témoignage rappelle également la complexité des situations où se mêlent sphère privée et figures publiques. Lorsque les accusations concernent des personnalités connues, l’attention médiatique peut amplifier les tensions, mais elle peut aussi permettre de mettre en lumière des problématiques souvent invisibles.
Aujourd’hui, l’affaire Coline Berry dépasse largement le cadre individuel. Elle interroge la capacité de la justice à répondre à des faits anciens, la manière dont les familles gèrent ou taisent les violences, et le rôle des institutions dans la protection des plus vulnérables.
Dans ce contexte, une certitude demeure : la parole, même tardive, conserve une valeur essentielle. Elle permet de nommer, de comprendre, et parfois, de commencer à réparer. Mais elle ouvre aussi des questions complexes, sans réponses simples, qui nécessitent du temps, de l’écoute et une attention constante.
Alors que les travaux de la commission se poursuivent, le témoignage de Coline Berry restera comme l’un des moments marquants de cette réflexion nationale. Un moment où, derrière les débats juridiques et politiques, une voix s’est élevée pour rappeler la réalité humaine qui se cache derrière les chiffres et les textes de loi.

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