"Je suis pas sévère…" : Soprano se confie sans détour sur l’éducation de ses enfants et l’équilibre fragile de sa vie de père
- Pierre Howard

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À première vue, Soprano est l’un de ces artistes qui semblent toujours avancer avec le sourire, porté par une énergie positive et communicative. Mais derrière les projecteurs, les scènes bondées et les refrains repris en chœur par des milliers de fans, se cache un homme profondément attaché à sa famille et à ses valeurs. Rarement bavard sur sa vie privée, il a pourtant accepté, au fil de quelques confidences, de lever le voile sur son rôle de père et sur la manière dont il conçoit l’éducation de ses enfants. Une parole simple, sincère, mais qui en dit long sur l’homme qu’il est devenu.
Depuis plus de vingt ans, l’artiste partage sa vie avec Alexia, sa compagne et épouse, avec qui il a construit une famille solide, loin du tumulte médiatique. Ensemble, ils ont eu trois enfants, nés en 2007, 2009 et 2012. Une famille qu’il protège avec une discrétion presque rare dans le monde du spectacle. Car pour lui, préserver ses enfants de la notoriété est une priorité absolue. Il veut leur offrir une enfance normale, faite de repères simples, de moments partagés et d’un cadre rassurant.
Mais derrière cette stabilité apparente se cache une histoire personnelle bien plus complexe. Avant même de rencontrer Alexia, Soprano est devenu père très jeune, à seulement 16 ans. Une paternité dont il ignorera longtemps l’existence, l’enfant ayant été confié à l’aide sociale sans qu’il en soit informé. Ce n’est que des années plus tard, après un long chemin personnel, qu’il découvrira cette vérité bouleversante et retrouvera cet enfant. Une rencontre qui marquera profondément sa vie et influencera sa manière de voir la famille, la transmission et l’amour.
Cette expérience intime, douloureuse mais fondatrice, a laissé une trace indélébile dans son parcours artistique. Elle a notamment inspiré l’une de ses chansons les plus personnelles, où il met des mots sur l’absence, le manque et le besoin de lien. Chez lui, la musique devient alors un espace de vérité, un moyen de transformer les blessures en messages d’espoir. Car au fil du temps, l’artiste a su évoluer, passant d’un rap parfois sombre à une musique plus lumineuse, tournée vers le partage et la bienveillance.

Ce virage artistique, amorcé dans les années 2010, n’était pas gagné d’avance. Connu à ses débuts avec le groupe Psy 4 de la Rime, aux côtés d’Alonzo, Vincenzo et du DJ Sya Styles, Soprano s’est d’abord imposé dans un univers marqué par des textes ancrés dans la réalité marseillaise. Mais très vite, sa plume plus introspective et sa sensibilité particulière lui ont permis de toucher un public plus large. Son passage en solo, notamment avec l’album "Puisqu’il faut vivre…", a marqué un tournant décisif.
Au fil des années, il a su se réinventer, embrassant une pop accessible et fédératrice, sans jamais renier ses racines. Des albums comme "Cosmopolitanie", "L’Everest" ou encore "Phoenix" ont rencontré un immense succès, confirmant son statut d’artiste incontournable. Mais malgré cette réussite éclatante, il n’a jamais perdu de vue l’essentiel : sa famille.
C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’il a livré l’une de ses confidences les plus marquantes lors de son passage dans l’émission "On n’est pas couché", animée par Laurent Ruquier. Interrogé sur son rôle de père, il a répondu avec une simplicité désarmante : "Je suis pas sévère…". Avant d’ajouter, avec un sourire complice : "Ma femme, elle l’est." Une phrase qui a fait sourire, mais qui révèle en réalité une véritable philosophie éducative.
Car pour lui, l’éducation ne se résume pas à imposer des règles strictes. Il privilégie avant tout le dialogue, la compréhension et l’accompagnement. "J’essaie de leur expliquer, à chaque fois, que c’est important d’essayer de comprendre. Apprendre, c’est bien, mais comprendre, c’est mieux", confie-t-il. Une vision qui met l’accent sur le développement de l’esprit critique et de la curiosité, plutôt que sur la simple accumulation de connaissances.
Dans ce duo parental, chacun a son rôle. Là où lui se montre plus dans l’échange et la pédagogie, Alexia incarne davantage le cadre et la discipline. Une complémentarité qui semble fonctionner à merveille et qui permet à leurs enfants de grandir dans un équilibre harmonieux. Loin des clichés, leur approche repose sur le respect mutuel, la confiance et une communication constante.
Malgré une carrière exigeante, rythmée par les tournées, les enregistrements et les projets artistiques, Soprano s’efforce de rester présent pour sa famille. Il accorde une importance particulière aux moments simples : les repas, les discussions, les instants du quotidien. Pour lui, ces moments ont une valeur inestimable, bien plus que les succès professionnels.

Cette volonté de préserver un équilibre entre vie personnelle et carrière témoigne d’une maturité acquise au fil des années. L’artiste n’est plus seulement un performer sur scène, il est aussi un père attentif, conscient de l’impact de ses choix sur ses enfants. Il refuse de sacrifier sa vie familiale sur l’autel du succès, préférant avancer à son rythme, en accord avec ses valeurs.
Aujourd’hui, Soprano incarne une figure singulière dans le paysage musical français. Un artiste populaire, certes, mais aussi un homme profondément humain, attaché à ses racines et à sa famille. Son parcours, fait de succès mais aussi d’épreuves, lui a permis de construire une vision de la vie empreinte de bienveillance et de lucidité.
Et lorsqu’on lui pose à nouveau la question, des années plus tard, sa réponse reste la même, presque comme un refrain : "Moi, je ne suis pas sévère… Mais ma femme, oui." Une phrase simple, presque anodine, mais qui résume à elle seule toute la richesse d’un équilibre familial construit avec patience, amour et sincérité.

















































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