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"Une souffrance silencieuse" : la maladie invisible qui accompagnait Bruno Salomone au quotidien

  • Photo du rédacteur: Émilien Charvoz
    Émilien Charvoz
  • il y a 4 jours
  • 3 min de lecture

La disparition de Bruno Salomone, survenue le dimanche 15 mars 2026 à l’âge de 55 ans, a profondément bouleversé le public. Connu pour ses rôles marquants au cinéma comme à la télévision, notamment dans Fais pas ci, fais pas ça ou Brice de Nice, le comédien laisse derrière lui une empreinte artistique forte, mais aussi une histoire personnelle longtemps restée dans l’ombre. Derrière le sourire et l’humour qui ont marqué toute une génération, se cachait une réalité plus intime, plus discrète, celle d’une maladie invisible qui a accompagné son quotidien pendant des années.


Cette maladie, peu connue du grand public, porte un nom : la misophonie. Un trouble encore mal compris, qui se caractérise par une hypersensibilité à certains sons du quotidien. Des bruits anodins pour la plupart des gens peuvent devenir, pour les personnes concernées, une source de tension intense, voire d’angoisse. Bruno Salomone en souffrait depuis l’enfance, et cette particularité a longtemps influencé sa manière de vivre, de travailler et même d’interagir avec les autres.



Il y a quelques années, l’acteur avait choisi de briser le silence en évoquant ouvertement cette difficulté. Dans une interview accordée à Michel Cymes sur le plateau de l’émission "Ça ne sortira pas d’ici" en 2019, il expliquait avec simplicité ce que cela impliquait au quotidien. "On l’est plus ou moins tous", disait-il, en parlant de cette gêne face à certains bruits. Mais pour lui, cette gêne prenait une ampleur bien plus importante.



"J’ai un vrai blocage avec ça", confiait-il. "Je focalise dessus. Et plus j’y pense, plus mon cerveau s’y accroche." Une spirale difficile à contrôler, où l’attention se fixe sur un son précis, au point d’effacer tout le reste. Ce phénomène, qu’il décrivait avec beaucoup de lucidité, pouvait transformer des moments simples en véritables épreuves.



Au cinéma, par exemple, là où beaucoup viennent se détendre, Bruno Salomone devait parfois s’isoler pour retrouver un semblant de calme. Le bruit de quelqu’un qui mâche du popcorn ou qui respire un peu trop fort pouvait devenir insupportable. "Le cerveau est pervers", expliquait-il, conscient du mécanisme qui l’enfermait dans cette hypersensibilité.



Ce trouble, il l’avait identifié dès l’âge de 10 ans. Pourtant, pendant longtemps, il lui a été difficile d’en parler. La misophonie est une maladie invisible, souvent incomprise, et parfois minimisée. "Ça passe pour un caprice", disait-il avec une pointe de résignation. Une incompréhension qui peut renforcer le sentiment d’isolement chez ceux qui en souffrent.


Face à cette difficulté à se faire comprendre, Bruno Salomone avait parfois choisi la fuite comme solution. "Le mieux, c’est de partir", confiait-il, non pas par rejet des autres, mais pour se protéger lui-même. Cette stratégie, bien que nécessaire, témoignait aussi de la solitude que peut engendrer ce type de trouble.



Dans sa quête de solutions, l’acteur avait exploré différentes pistes, notamment l’hypnose. Mais comme il l’avait reconnu lui-même, ces tentatives n’avaient pas apporté les résultats espérés. La misophonie reste aujourd’hui un trouble complexe, pour lequel il n’existe pas encore de traitement universel.


C’est finalement à travers l’écriture qu’il a trouvé une forme d’apaisement. Dans son roman Les misophones, Bruno Salomone a choisi de raconter cette réalité à travers la fiction. Un moyen pour lui de mettre des mots sur ce qu’il vivait, mais aussi de sensibiliser le public à cette maladie encore méconnue. À travers ce livre, il a offert un témoignage précieux, à la fois personnel et universel.


Au fil du temps, il a également trouvé du réconfort auprès d’autres personnes concernées. Les réseaux sociaux, notamment Facebook et Instagram, lui ont permis de rejoindre des groupes de soutien. "Ça soulage de se dire qu’on n’est pas seul", expliquait-il. Une phrase simple, mais qui résume toute l’importance de ces espaces d’échange.



Grâce à cette prise de parole, ses proches ont peu à peu compris ce qu’il traversait. "Aujourd’hui, ils sont tous au courant", confiait-il. Certains se sont même excusés de ne pas avoir compris plus tôt. Une évolution qui montre à quel point la communication peut transformer les relations, même face à des réalités difficiles.


Malgré tout, Bruno Salomone gardait une certaine distance face à sa maladie. Il refusait de se laisser définir uniquement par elle. "J’essaye de ne pas être un tyran", disait-il avec humour. Une manière de rappeler qu’au-delà des difficultés, il restait profondément attaché à la légèreté et à l’autodérision.


Aujourd’hui, alors que le public pleure la disparition d’un artiste talentueux, ces confidences prennent une résonance particulière. Elles rappellent que derrière chaque visage familier se cachent parfois des combats silencieux. Et que même dans l’ombre, il est possible de trouver la force de parler, de partager, et peut-être d’aider les autres à se sentir moins seuls.


 
 
 

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