"Je ne peux pas" : Victor bouleversé par un exercice émotionnel inédit au château de la Star Academy
- Pierre Howard

- il y a 1 jour
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Au château de Dammarie-les-Lys, chaque journée apporte son lot de défis, mais certaines laissent une trace plus profonde que d’autres. Ce lundi 12 janvier 2026, les élèves encore en lice à la Star Academy ont vécu un moment suspendu, à la frontière entre l’apprentissage artistique et l’introspection personnelle. Un instant fragile, presque intime, qui a mis en lumière la difficulté de se livrer pleinement, même lorsque l’on est entouré, soutenu et encouragé. Et c’est Victor qui, ce jour-là, a incarné cette limite invisible que l’on n’arrive pas toujours à franchir.
Invitée exceptionnelle du cours de danse, Léa Castel a rejoint Jonathan Jenvrin pour proposer un atelier très particulier. Amis depuis une dizaine d’années, les deux artistes ont imaginé un exercice loin des chorégraphies millimétrées et des pas imposés. L’objectif était simple en apparence, mais profondément exigeant : faire parler le corps, laisser les émotions circuler librement, accepter de ne plus contrôler, de ne plus anticiper.
"C’est un vrai moment pour vous, de la douceur, pour vous faire du bien. Soyez à l’écoute, on ne va pas être que dans la surface", a expliqué Jonathan Jenvrin, conscient de l’intensité de ce qu’il demandait à ses élèves.
Léa Castel, installée au piano, a accompagné chaque mouvement, chaque respiration, créant une atmosphère presque hors du temps. Avant même que l’exercice ne commence réellement, la charge émotionnelle était palpable. Les académiciens, réduits désormais à cinq, portent sur leurs épaules la fatigue accumulée, la pression des évaluations, l’angoisse des primes à venir et le poids du regard extérieur. Dans ce contexte, l’invitation à se dévoiler sans filtre prend une dimension particulière.

Léa, visiblement touchée, a été l’une des premières à laisser l’émotion l’envahir. Les larmes ont coulé, non pas comme un signe de faiblesse, mais comme une libération. Elle s’est ensuite lancée dans une improvisation solo, laissant son corps traduire ce que les mots ne pouvaient plus exprimer. Un moment fort, sincère, qui a profondément marqué le groupe.
Mais lorsque le tour de Victor est arrivé, l’énergie a changé. Le jeune académicien, habituellement volontaire et investi, est apparu soudainement figé. Après quelques mouvements hésitants, il s’est arrêté net. "Non, vraiment pas. Désolé, désolé, je ne peux pas", a-t-il lâché, la voix tremblante, visiblement déstabilisé par ce que l’exercice réveillait en lui.
Jonathan Jenvrin s’est immédiatement approché de lui, sans jugement, sans pression, pour l’enlacer. "T’inquiète", lui a-t-il simplement dit, comme pour lui rappeler qu’ici, tout était permis, y compris le refus. Léa Castel a alors pris la parole, avec une bienveillance palpable, tentant de mettre des mots sur ce que Victor ressentait sans parvenir à l’exprimer.
"Cet exercice est tellement difficile… mais c’est fou parce que cette barrière, une fois qu’elle passe…", a-t-elle commencé, avant de partager sa propre vulnérabilité. Elle a expliqué qu’elle aussi, en improvisant devant eux, se sentait parfois perdue, sans repères, guidée uniquement par les émotions du moment. "Je suis en fonction de vos émotions, de ce que vous dégagez. On est tous ensemble dans le même bateau. Il n’y a pas de pression. Déjà, juste le peu que tu as fait, moi j’étais déjà genre ‘Wouah, c’est génial’. C’était beau", a-t-elle assuré, cherchant à rassurer Victor sans jamais le forcer.
Le malaise du jeune homme n’était pas un caprice, ni un refus de travailler, mais l’expression brute d’une limite personnelle. Une frontière intérieure que l’on ne choisit pas toujours et qui peut surgir sans prévenir. Léa Castel l’a parfaitement compris. "Je suis comme toi. J’ai aussi des barrières comme ça, où parfois je n’ai juste pas envie, où je ne me sens pas bien. Si tu veux réessayer après, on est ensemble. Si tu ne veux pas, on est ensemble aussi. Il n’y a aucun souci", a-t-elle conclu, laissant à Victor la liberté de son ressenti.

Ce moment, d’une grande humanité, a rappelé que la Star Academy n’est pas seulement une école de performance, mais aussi un lieu où les émotions sont mises à nu. Derrière les sourires des primes, les applaudissements et les projecteurs, il y a des jeunes artistes confrontés à leurs peurs, à leurs fragilités, à leurs propres limites. Victor, en disant simplement "je ne peux pas", a sans doute livré l’un des moments les plus sincères de l’aventure.
Dans un programme où l’on attend souvent des candidats qu’ils se dépassent coûte que coûte, ce refus assumé, accueilli avec respect, résonne comme un rappel essentiel : se protéger, s’écouter, c’est aussi avancer. Et parfois, le courage ne consiste pas à aller plus loin, mais à savoir s’arrêter.

















































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