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"Ma maman était…" : Jonathan Jenvrin (Star Academy) fait de rares confidences sur sa mère qui n’a "jamais pu marcher" à cause d'une terrible maladie

  • Photo du rédacteur: Auriane Laurent
    Auriane Laurent
  • il y a 3 jours
  • 4 min de lecture

Il est aujourd’hui l’un des visages les plus appréciés de la Star Academy. Charismatique, exigeant mais profondément bienveillant, Jonathan Jenvrin s’est imposé en quelques semaines comme une figure centrale du château de Dammarie-les-Lys. Successeur très attendu de Malika Benjelloun, le professeur de danse a immédiatement conquis le public par son énergie, sa sensibilité et son regard profondément humain sur les élèves. Pourtant, derrière ce parcours brillant et cette réussite fulgurante se cache une histoire intime, marquée par la maladie, l’admiration et un amour filial indéfectible. Dans un entretien rare accordé à Actu Lyon, Jonathan Jenvrin a accepté de lever le voile sur une partie très personnelle de sa vie : sa relation avec sa mère, disparue il y a cinq ans, et lourdement handicapée depuis l’enfance.


À 35 ans, Jonathan Jenvrin affiche déjà un parcours impressionnant. Danseur reconnu sur les plus grandes scènes, il a travaillé avec des artistes internationaux parmi les plus prestigieux, de Kylie Minogue à Rihanna, en passant par Dua Lipa, Kesha ou encore de nombreux spectacles d’envergure. Avant même d’intégrer l’univers télévisuel, il était déjà une référence dans le milieu chorégraphique, notamment en accompagnant pendant plusieurs années les candidates à l’élection de Miss France. Pourtant, malgré ce CV impressionnant, son arrivée à la Star Academy a marqué un tournant particulier dans sa carrière, tant par l’exposition médiatique que par la relation émotionnelle qu’il a su créer avec les élèves… et avec le public.



Cette success story ne s’est toutefois pas construite du jour au lendemain. Elle a commencé à Lyon, sa ville natale, là où le jeune Jonathan découvre la danse presque par hasard. Il n’a que 12 ans lorsqu’il commence à danser, un âge relativement tardif dans un milieu souvent dominé par des parcours précoces. Mais très vite, son talent, sa détermination et sa sensibilité attirent l’attention. À 13 ans, lors d’un stage, il croise la route de Kamel Ouali, figure emblématique et premier professeur de danse de l’histoire de la Star Academy. La rencontre est décisive. Kamel Ouali ne tarde pas à s’adresser aux parents du jeune garçon avec une phrase qui changera leur vie : "Il faut que votre fils soit à Paris dès septembre".



Pour Jonathan Jenvrin, ce départ vers la capitale est vécu comme une aventure extraordinaire. Il s’en souvient avec une émotion intacte. "Quand on te dit, à cet âge, que tu pars à Paris pour danser, c’est juste incroyable. J’ai toujours été un aventurier dans l’âme, donc j’ai foncé", confie-t-il. Mais derrière cet enthousiasme et cette audace se cache une motivation bien plus profonde qu’une simple ambition artistique. Danser, pour Jonathan, n’a jamais été qu’un moyen d’exister sur scène. C’était aussi, et surtout, une manière de rendre hommage à sa mère.



Dans cet entretien, le professeur de danse révèle avec pudeur un pan essentiel de son histoire familiale. "Ma maman était atteinte de la polio depuis l’âge de 4 ans, elle n’a jamais pu marcher", explique-t-il simplement. Une phrase lourde de sens, prononcée sans pathos, mais chargée d’une émotion immense. Sa mère a vécu toute sa vie en fauteuil roulant, confrontée à un handicap qui aurait pu briser bien des destins. Pourtant, elle est restée, aux yeux de son fils, une femme forte, élégante et profondément inspirante. Pour Jonathan Jenvrin, la danse est rapidement devenue un prolongement de cet amour, un moyen de faire bouger son corps là où celui de sa mère était entravé, comme une célébration silencieuse de sa force et de son courage.



Cette relation fusionnelle a profondément façonné l’homme et l’artiste qu’il est devenu. Chaque pas, chaque chorégraphie, chaque projet portait en lui une part de cette histoire intime. Danser était une manière de sublimer la douleur, de transformer l’injustice de la maladie en énergie créative. Jonathan Jenvrin ne parle jamais de sa mère comme d’un poids ou d’une souffrance, mais comme d’un moteur. Une source de motivation constante qui l’a poussé à se dépasser, à croire en ses rêves et à ne jamais renoncer.


La disparition de sa mère, il y a cinq ans, a marqué une rupture profonde dans sa vie. Une blessure silencieuse, encore vive aujourd’hui. En mai 2021, il lui rendait un hommage poignant sur Instagram, à l’occasion de la fête des mères. En légende d’une photo où il apparaît aux côtés d’elle, assise dans son fauteuil roulant, il écrivait : "Joyeuse fête des mères. Chaque jour qui passe tu me manques toujours autant, mais j’ai été le plus chanceux du monde de t’avoir eu pendant 30 ans". Une déclaration simple, mais bouleversante, qui avait profondément touché ses abonnés.



Sur le cliché, sa mère apparaît souriante, élégante, vêtue d’un ensemble rose lumineux. Malgré la maladie, malgré le handicap, son visage rayonne. Cette image a suscité de nombreux messages d’affection. Certains évoquaient le souvenir d’une femme toujours soignée, toujours souriante, connue pour sa dignité et sa gentillesse. D’autres, plus anonymes, se contentaient d’un mot, d’un cœur, d’un témoignage de soutien. Beaucoup écrivaient au présent, comme pour refuser l’idée de l’absence, comme si son souvenir continuait de vivre à travers son fils.



Aujourd’hui encore, cette perte continue d’accompagner Jonathan Jenvrin dans son quotidien. À la Star Academy, derrière la rigueur des répétitions et l’exigence artistique, on perçoit parfois cette sensibilité particulière, cette empathie profonde envers les élèves. Son approche pédagogique n’est jamais brutale, jamais froide. Il sait ce que signifie se battre contre ses propres limites, composer avec la fragilité, avancer malgré les obstacles. Cette humanité, forgée dès l’enfance, fait de lui bien plus qu’un simple professeur de danse : un véritable guide.


En se livrant ainsi sur sa mère, Jonathan Jenvrin offre un regard différent sur son parcours. Il rappelle que derrière les projecteurs, les succès et les applaudissements, se cachent souvent des histoires de courage, de transmission et d’amour inconditionnel. Son témoignage résonne d’autant plus fort qu’il est rare, sincère et dénué de toute recherche d’effet. Il ne cherche ni la pitié ni l’admiration, seulement à honorer celle qui lui a tout donné.


À travers son travail, ses gestes, son engagement auprès des élèves, Jonathan Jenvrin continue, à sa manière, de faire vivre la mémoire de sa mère. Chaque chorégraphie devient un hommage silencieux, chaque réussite une victoire partagée. Et si la danse lui a permis de s’élever, c’est peut-être parce qu’elle a toujours été ancrée dans une histoire profondément humaine, faite de douleur transformée en beauté.


 
 
 

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