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"Il voulait vraiment me tuer" : Jean-Jacques Annaud raconte l’incident terrifiant qui a failli lui coûter la vie pendant le tournage de L’Ours

  • Photo du rédacteur: Maxime Lemoine
    Maxime Lemoine
  • il y a 21 heures
  • 5 min de lecture

Invité sur le plateau de l’émission C à vous sur France 5, le réalisateur Jean-Jacques Annaud a replongé dans l’un des souvenirs les plus impressionnants de sa carrière. À 82 ans, le cinéaste français, connu pour avoir signé plusieurs films marquants du cinéma international, s’est remémoré un épisode particulièrement éprouvant survenu lors du tournage de L’Ours, son célèbre long-métrage sorti en 1988. Ce film, devenu culte pour plusieurs générations de spectateurs, raconte l’histoire émouvante d’un ourson confronté à la dureté de la nature. Pourtant, derrière les images majestueuses de la montagne et la poésie du récit, un moment de tournage a failli tourner au drame.


Tout a commencé lorsque l’animatrice Anne-Élisabeth Lemoine a décidé de montrer à l’écran quelques extraits du film, provoquant immédiatement une vague de souvenirs chez son invité. Dans ces images, on peut apercevoir l’imposant ours qui a marqué les esprits des spectateurs à l’époque. La présentatrice a alors précisé qu’il s’agissait d’un animal dressé pendant de longues années afin de pouvoir participer au tournage. "C’est un ours qui a été dressé pendant sept ans", a-t-elle rappelé avant de poser une question directe au réalisateur : "Est-ce que c’est Bart, celui qui a failli vous tuer ?"



Jean-Jacques Annaud n’a pas esquivé la question. Avec un sourire mêlé de nostalgie, il a confirmé que l’ours visible à l’écran était bien Bart, l’animal devenu célèbre grâce au film. Pourtant, malgré la gravité de l’incident qui allait être évoqué, le cinéaste a tenu à souligner qu’il entretenait une relation particulière avec lui. "Oui, c’est lui… mais c’était très émouvant parce qu’on était copains", a-t-il expliqué. Une phrase qui peut sembler surprenante quand on connaît la suite de l’histoire.



Car derrière cette relation presque affectueuse entre le réalisateur et l’animal se cache un moment de tournage qui aurait pu se terminer tragiquement. Le cinéaste a alors commencé à raconter les circonstances précises de cet événement qui s’est déroulé pendant une pause déjeuner sur le plateau. Comme souvent dans le milieu du cinéma, l’équipe souhaitait immortaliser la rencontre entre le réalisateur et la "star" du film, c’est-à-dire l’ours lui-même.



"Quand on a une star, il faut toujours faire une photo du metteur en scène avec la star", a raconté Jean-Jacques Annaud avec humour. L’idée était simple : profiter d’un moment calme pour réaliser une photographie destinée à mettre en valeur l’animal qui jouait le rôle principal du film. Pendant que la majorité de l’équipe prenait son repas, le réalisateur a décidé de se rendre avec le photographe et le dresseur de l’ours sur une petite colline où l’animal se reposait.



La scène semblait au départ totalement paisible. L’ours se trouvait dans un espace sécurisé et le dresseur était présent pour surveiller la situation. Confiant, Jean-Jacques Annaud s’est assis à côté de l’animal afin de poser pour la photographie. "Comme nous étions très copains, je m’assois à côté de lui", s’est-il souvenu. Le dresseur a alors demandé à l’ours de se redresser pour donner une posture spectaculaire à l’image.


C’est à ce moment précis que les choses ont basculé. Désireux de donner un style encore plus impressionnant à la photo, le réalisateur a décidé d’adopter une pose qu’il n’avait jamais utilisée auparavant en présence de l’animal. Il a levé son viseur devant lui, comme s’il observait la scène à travers un appareil. Mais ce geste inattendu a surpris l’ours, qui ne l’avait jamais vu effectuer un tel mouvement.



L’animal, gigantesque, a immédiatement réagi avec inquiétude. "C’était un monstre de 800 kilos", a rappelé le réalisateur pour souligner la puissance impressionnante de l’ours. Pris de panique face à ce geste inhabituel, Bart s’est soudainement précipité vers lui. "Il dégringole sur moi et il me fait ceci", a raconté Jean-Jacques Annaud en mimant la réaction de l’animal avec sa bouche. Pour lui, ce comportement était clair : l’ours exprimait une menace très directe.


Dans cet instant de tension extrême, le réalisateur a compris qu’il se trouvait dans une situation extrêmement dangereuse. L’ours était en colère et sa force physique était largement supérieure à celle d’un humain. "Il était très en colère, il voulait vraiment me tuer", a confié le cinéaste avec une sincérité frappante. Face à cette attaque, il a tenté de réagir instinctivement pour éviter le pire.


Jean-Jacques Annaud a expliqué qu’il avait immédiatement analysé la situation, observant la manière dont l’animal se déplaçait et anticipant ses mouvements. "Je me dis : d’accord, il est droitier, il faut que je me prépare de l’épaule gauche", s’est-il souvenu. L’ours lui a alors asséné un coup d’une violence impressionnante. Sous l’impact, le réalisateur s’est retrouvé projeté sur la pente de la colline, glissant à plat ventre sous le choc.


L’ours s’est ensuite jeté sur lui, mais son poids colossal a paradoxalement joué en faveur du cinéaste. L’animal, trop lourd, a dépassé sa cible en se déplaçant trop vite sur la pente. Ce bref instant a permis au réalisateur de réfléchir à une stratégie pour survivre. Dans ce moment critique, un souvenir lui est revenu en mémoire.


Jean-Jacques Annaud a alors pensé à son film précédent, Le Nom de la rose. Dans cette œuvre, un personnage évoque l’idée que la sagesse peut parfois sauver la vie dans les situations les plus périlleuses. Mais un autre souvenir s’est imposé encore plus clairement dans son esprit : celui d’un livre qu’il avait lu auparavant, intitulé Bear Attacks, consacré aux rencontres dangereuses entre humains et ours.


Dans cet ouvrage, il était expliqué que certaines personnes avaient réussi à survivre à des attaques d’ours en adoptant une attitude très particulière. "Les seuls survivants avaient bien joué le mort", a raconté le réalisateur avec un brin d’ironie. Se rappelant cette information au moment critique, il a alors décidé de rester complètement immobile.


"Donc j’ai apparemment bien joué le mort", a-t-il ajouté avec humour sur le plateau de l’émission. Cette réaction inattendue a visiblement désorienté l’animal. Ne percevant plus de mouvement ni de menace, l’ours a fini par se calmer progressivement, permettant au réalisateur de sortir vivant de cette situation extrêmement dangereuse.


Anne-Élisabeth Lemoine a alors résumé la situation avec simplicité : "Et ça vous a sauvé la vie." Une conclusion à laquelle Jean-Jacques Annaud ne pouvait qu’acquiescer. Sans cette réaction instinctive et ce sang-froid inattendu, l’histoire aurait probablement eu une issue bien différente.



Malgré tout, les conséquences de cet incident ont été lourdes pour le cinéaste. Après l’attaque, il a dû être hospitalisé pendant une longue période afin de se remettre de ses blessures. "Je suis allé à l’hôpital pendant deux mois et demi", a-t-il confié. Pendant ce temps, il recevait des soins quotidiennement, matin et soir, afin de récupérer de cette expérience éprouvante.


Aujourd’hui encore, plusieurs décennies après les faits, Jean-Jacques Annaud évoque cet épisode avec un mélange de gravité et de recul. L’incident rappelle à quel point le cinéma peut parfois exposer ses créateurs à des situations imprévisibles, surtout lorsqu’il s’agit de travailler avec des animaux sauvages. Pourtant, malgré la peur et les blessures, cette expérience fait désormais partie intégrante de l’histoire du film L’Ours.


Ce témoignage rare, partagé sur le plateau de C à vous, a rappelé au public que derrière les grandes œuvres du cinéma se cachent souvent des histoires humaines fortes, parfois marquées par des moments de danger et de courage. Et dans le cas de Jean-Jacques Annaud, c’est une décision prise en quelques secondes qui lui a probablement sauvé la vie.


 
 
 

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