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Emma Daumas (Star Academy) se confie sur ses addictions passées au can-na-bis et à l'al-cool "J'avais des pulsions de m-0-r-t"

  • Photo du rédacteur: Théo Ruisseau
    Théo Ruisseau
  • il y a 3 heures
  • 5 min de lecture

Elle a longtemps été associée à son regard intense, à sa voix singulière et à cette sensibilité à fleur de peau qui avait marqué toute une génération de téléspectateurs. Révélée au grand public en 2002 lors de la deuxième saison de la Star Academy sur TF1, Emma Daumas s’était hissée jusqu’en demi-finale face à Nolwenn Leroy, avant de connaître un succès fulgurant avec son premier album "Le Saut de l’ange", écoulé à près de 200 000 exemplaires. Puis, au fil des années, la chanteuse s’est faite plus discrète, choisissant de s’éloigner de l’agitation médiatique pour se recentrer sur sa vie personnelle et son équilibre.


Ces derniers mois pourtant, son nom est revenu sur le devant de la scène. Invitée lors d’un prime spécial anciens élèves de la Star Academy, Emma Daumas a également pris la parole sur les réseaux sociaux pour proposer des pistes d’amélioration du programme, comme l’introduction de cours d’écriture au château de Dammarie-les-Lys. Mais cette fois, ce n’est ni de musique ni de télévision dont elle a souhaité parler. Invitée du podcast "Psychik", animé par Laurent Karila et consacré aux troubles de la santé mentale, elle a accepté de lever le voile sur une période sombre de sa vie, marquée par l’angoisse, les addictions et une profonde détresse intérieure.



Dès le début de l’entretien, la chanteuse de 42 ans évoque le burn-out généralisé qu’elle avait révélé publiquement en 2024 sur son compte Instagram. Une crise survenue brutalement, presque sans avertissement. "La crise est arrivée d’un coup à la suite d’un cauchemar que j’ai fait qui m’a plongée dans une sorte d’abîme. Et pendant trois mois, j’ai fait des crises d’angoisse", confie-t-elle avec une grande lucidité. Elle décrit alors des peurs envahissantes, irrationnelles, qui prenaient toute la place dans son quotidien. "J’avais peur des monstres, des gens. J’avais peur de ce qu’on pouvait me faire, de ce que je pouvais faire. J’avais des pulsions de mort dirigées vers moi et vers les autres." Des mots forts, prononcés sans détour, pour exprimer l’intensité de son mal-être.



Ces pensées, qu’elle qualifie elle-même d’"irrationnelles", l’ont confrontée à une réalité qu’elle n’avait plus la force d’ignorer : celle d’une fragilité installée depuis longtemps. Car bien avant ce burn-out récent, Emma Daumas avait déjà traversé des zones d’ombre. Laurent Karila, spécialiste des addictions, l’interroge notamment sur sa consommation de substances à l’adolescence. La chanteuse répond avec honnêteté. "J’ai commencé le cannabis de façon festive quand j’avais 16 ans. J’ai continué par la suite quand j’ai commencé mon métier. C’est quelque chose qui calmait mon anxiété. J’étais addict pendant plusieurs années."



L’entrée précoce dans la lumière, la pression médiatique, les attentes du public : autant de facteurs qui ont pu amplifier une anxiété déjà présente. Après la Star Academy, la jeune artiste se retrouve propulsée dans un tourbillon professionnel. Albums, interviews, tournées… Derrière le succès, une difficulté grandissante à rester connectée à elle-même. "J’ai mis beaucoup de temps à me reconnecter à moi-même", explique-t-elle. Cette déconnexion intérieure s’est traduite par une période d’addictions plus marquées. "À la suite de ça, j’ai eu une période avec des addictions poussées. On parlait de cannabis, de l’alcool…" précise-t-elle, en tenant à souligner qu’elle n’a jamais consommé de drogues dures.



À 20 ans, elle reconnaît avoir adopté des comportements dangereux, persuadée d’être invincible. "Je me sentais invincible. Je pouvais conduire en ayant picolé beaucoup." Avec le recul, ces souvenirs prennent une teinte plus grave. Elle mesure aujourd’hui à quel point elle a pu mettre sa vie en danger, ainsi que celle des autres. L’alcool, comme le cannabis, étaient devenus des moyens de faire taire l’angoisse, d’atténuer les tensions intérieures, mais au prix d’un équilibre toujours plus fragile.


Au fil de l’entretien, Emma Daumas évoque également une relation toxique qui a profondément aggravé son état. Une histoire déjà abordée sur le plateau de "Ça commence aujourd’hui" sur France 2, mais qu’elle revisite ici avec davantage de détails. Elle parle d’un homme pervers narcissique et violent, dont l’emprise a été progressive mais destructrice. "Cette personne prend le contrôle de mon cerveau et me plonge dans l’auto-destruction", se souvient-elle.



Sous l’effet de cette relation, son état psychologique se dégrade encore. "Je ne mange plus. Je ne dors plus. C’est à ce moment-là que les grosses crises d’anxiété commencent. Je suis à une consommation de cannabis démesurée. Je perds 10 kilos et je commence à avoir des pensées suicidaires." Le tableau est sombre, presque insoutenable. L’isolement, la perte de repères, la dépendance affective et les addictions s’entremêlent dans un cercle vicieux.


Ce qui frappe dans son témoignage, c’est la clarté avec laquelle elle décrit l’engrenage. Rien ne s’est effondré en un jour. Il y a eu des signaux faibles, des renoncements progressifs, une perte d’estime d’elle-même. La jeune femme brillante et talentueuse que le public avait découverte à 19 ans semblait peu à peu s’éteindre.


Pourtant, au cœur de cette nuit intérieure, une main tendue va faire la différence. Une personne de son entourage la convainc de partir, de s’éloigner de cette relation destructrice. "Je me sors progressivement de l’envie d’y retourner", raconte-t-elle. Ce processus ne se fait pas en un instant. Il demande du temps, du courage et un accompagnement médical. Emma Daumas explique avoir quitté la France pendant un temps pour le Brésil, afin de se reconstruire loin de son environnement habituel. Elle suit également un traitement antidépresseur pendant six mois.


"Il m’a fallu une petite année pour ressortir la tête de l’eau", confie-t-elle. Une année pour retrouver un souffle, pour apaiser les crises d’angoisse, pour réduire puis arrêter les consommations excessives. C’est à cette période qu’elle rencontre celui qui deviendra le père de ses enfants. Une rencontre décisive, qu’elle décrit comme un tournant lumineux. "J’ai rencontré le père de mes enfants", dit-elle, presque comme un point d’ancrage après la tempête.


Cette relation plus saine, fondée sur le respect et la stabilité, marque la fin de ses addictions. Peu à peu, elle se reconnecte à elle-même, à sa créativité, à son rôle de mère. Le chemin n’a pas été linéaire, mais il témoigne d’une capacité à se relever malgré les chutes.


En prenant la parole dans "Psychik", Emma Daumas ne cherche pas à choquer ni à susciter la compassion. Elle souhaite surtout briser le silence autour de la santé mentale. Dans un milieu artistique où l’image est souvent lisse et maîtrisée, elle choisit la vulnérabilité. Elle accepte de dire qu’elle a eu peur, qu’elle a été dépendante, qu’elle a eu des pensées sombres. Elle accepte de reconnaître qu’elle s’est mise en danger.



Son témoignage résonne d’autant plus fortement qu’il rappelle la fragilité des parcours que l’on croit brillants. La célébrité précoce n’immunise pas contre l’angoisse. Le succès commercial ne protège pas des blessures intimes. Et derrière les projecteurs, il y a parfois des nuits blanches, des larmes silencieuses et des combats invisibles.


Aujourd’hui, Emma Daumas semble apaisée. Elle parle avec recul, sans nier la gravité de ce qu’elle a traversé. En partageant son histoire, elle offre aussi un message d’espoir : celui d’une reconstruction possible, même après avoir frôlé l’abîme. Elle montre qu’il est possible de demander de l’aide, de partir, de se soigner, de recommencer.


"J’avais des pulsions de mort", dit-elle. Mais elle est toujours là. Mère, artiste, femme debout. Et peut-être plus forte encore d’avoir osé regarder en face ses parts d’ombre.


 
 
 
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