top of page
Thủ công giấy

"Je vous aime" : Florent Pagny renoue avec la scène et l’émotion, quatre ans après l’épreuve de la maladie

  • Photo du rédacteur: Pierre Howard
    Pierre Howard
  • il y a 3 jours
  • 4 min de lecture

Quatre années de silence, de combat intérieur, d’éloignement forcé… et enfin, ce moment tant attendu. Hier soir, à l’Arena du Pays d’Aix, à Aix-en-Provence, Florent Pagny a donné le coup d’envoi de sa tournée anniversaire, celle de ses 65 ans, devant un public ému et fidèle. Plus qu’un concert, cette soirée avait des allures de renaissance. Une revanche sur la maladie, sur le temps suspendu, sur la peur. Une déclaration d’amour à la vie, à la musique et à ceux qui ne l’ont jamais quitté.


Le souvenir est encore vif dans les mémoires. Il y a quatre ans, Florent Pagny prenait la parole sur les réseaux sociaux pour annoncer ce que personne n’était prêt à entendre. Face caméra, sans détour, la voix grave mais posée, il révélait être atteint d’un cancer du poumon. Une annonce brutale, sincère, presque pudique, qui avait provoqué une onde de choc dans le monde de la musique et bien au-delà. À l’époque, il expliquait devoir annuler l’intégralité de sa tournée des 60 ans, contraint de se retirer pour suivre un protocole lourd mêlant chimiothérapie et radiothérapie. Il s’excusait auprès de son public, visiblement touché mais déterminé à affronter l’épreuve.



Depuis cette annonce, Florent Pagny s’est fait plus discret. Installé en Patagonie, loin de l’agitation médiatique, il s’est consacré à l’essentiel : se soigner, se retrouver, reprendre des forces. De temps à autre, il donnait des nouvelles, rassurantes, sobres, toujours avec cette même sincérité qui le caractérise. Progressivement, les signaux positifs se sont multipliés. L’artiste est entré en rémission. Il a recommencé à chanter, à enregistrer, à retrouver la scène lors de quelques festivals, à reprendre son fauteuil emblématique de coach dans "The Voice". Il a même participé au spectacle des Enfoirés, preuve que l’énergie et l’envie étaient de retour.



Mais cette tournée, celle qui débute aujourd’hui, avait une valeur toute particulière. C’est celle qu’il n’avait pas pu mener à terme. Celle qui était restée en suspens. Celle qui symbolise, plus que toute autre, le retour à la lumière.



Dès les premières minutes du concert, l’émotion était palpable. Contre toute attente, Florent Pagny n’est pas apparu sur scène de manière spectaculaire. Pas d’effets démesurés, pas de mise en scène grandiloquente. Il a choisi une entrée simple, presque intime, en arrivant depuis le fond de la salle, au plus près du public. Les premières notes de "Ma liberté de penser" ont résonné, et la salle entière s’est levée. Un frisson collectif a parcouru les gradins.



Plus tard dans la soirée, le chanteur a pris le temps d’expliquer ce choix. Il aurait pu faire une entrée spectaculaire, jouer avec la mise en scène, surprendre visuellement. Mais il a préféré quelque chose de plus vrai, de plus proche de ce qu’il est aujourd’hui. Une entrée qui lui ressemble, et qui rassemble. Avant même d’enchaîner les morceaux, il a tenu à remercier le public, ce public qui l’accompagne depuis près de quarante ans. Des mots simples, prononcés avec une gratitude sincère, accueillis par une ovation.


Pendant près d’une heure quarante-cinq, Florent Pagny a offert un concert dense, généreux, pensé comme une traversée de sa carrière mais aussi comme une page nouvelle. Présentée comme "une soirée unique", cette date inaugurale a permis de mesurer à quel point l’artiste n’a rien perdu de sa voix, ni de sa présence.



Il a interprété l’intégralité des chansons de son dernier album "Grandeur nature", un projet profondément marqué par son parcours récent, mais aussi par une réflexion sur le temps, l’amour, la résilience. Ces nouveaux titres se sont naturellement mêlés aux grands classiques qui ont jalonné sa carrière. "N’importe quoi", "Savoir aimer", "Les murs porteurs", "Là où je t’emmènerai"… Chaque chanson semblait chargée d’un sens nouveau, comme si l’épreuve traversée leur avait donné une résonance supplémentaire.


Entouré de musiciens fidèles, dont son pianiste de toujours Alain Lanty, Florent Pagny a également réservé quelques surprises à son public. Il a invité Il Cello pour un duo sur "Io Le Canto Per Te", créant un moment suspendu, hors du temps. Il a aussi interprété des titres plus rares, comme "Compter les bisons", qu’il a présenté avec tendresse comme étant la chanson préférée de sa femme. Un détail intime, livré avec pudeur, qui a renforcé la proximité entre l’artiste et la salle.


L’un des moments les plus marquants de la soirée reste sans doute l’interprétation de "Caruso". Ce morceau exigeant, redouté par beaucoup, a agi comme une véritable épreuve de vérité. Et le verdict a été sans appel. La voix de Florent Pagny est intacte. Puissante, maîtrisée, émouvante. Le public, debout, lui a offert une standing ovation prolongée. Comme un soulagement collectif. Comme une confirmation que la maladie n’a pas eu raison de ce qui fait l’essence même de l’artiste.


Plus intime encore, Florent Pagny a projeté sur écran des images de sa vie personnelle : sa femme, ses enfants, des instants de bonheur simple. Ces photos ont accompagné la chanson "L’amour est toujours devant nous", écrite par Marc Lavoine. Un moment de douceur, presque de confidence, où l’homme se dévoile derrière le chanteur.



Tout au long de la soirée, une même sensation dominait : celle d’assister à bien plus qu’un concert. C’était un témoignage de résilience, une célébration de la vie, une manière de dire merci. Merci au public, merci aux proches, merci à ceux qui ont soutenu sans jamais faiblir.


Cette tournée comptera 68 dates à travers la France, dont 20 représentations à l’Olympia l’été prochain. Un marathon scénique qui témoigne de l’envie intacte de Florent Pagny de partager, encore et encore, cette énergie unique qui le lie à son public.


Hier soir, à Aix-en-Provence, Florent Pagny n’a pas seulement lancé une tournée. Il a tourné une page, sans renier le passé, en l’embrassant pleinement. Et lorsqu’il a prononcé ces mots simples, "Je vous aime", ils ont résonné comme une promesse. Celle de continuer, envers et contre tout.


 
 
 

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page