"J’évolue trop lentement" : Victor face à ses doutes les plus profonds à l’approche d’un prime décisif de la Star Academy
- Pierre Howard

- il y a 5 jours
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À quelques heures d’un nouveau prime décisif de la Star Academy, l’émotion est à son comble au château de Dammarie-les-Lys. Ils ne sont plus que quelques élèves à espérer décrocher une place en demi-finale, et chaque semaine ressemble désormais à un véritable combat intérieur. Pour Victor, nommé face à Anouk pour la deuxième semaine consécutive, cette étape prend une dimension toute particulière. Non seulement parce que l’élimination se rapproche dangereusement, mais aussi parce qu’elle ravive un malaise intime qu’il traîne depuis le tout début de l’aventure : cette impression tenace d’avancer, oui, mais trop lentement.
Lorsque son nom est tombé à l’issue des évaluations, Victor n’a pas cherché à masquer sa déception. Dans le confessionnal de la quotidienne diffusée ce jeudi 8 janvier, le jeune candidat de 24 ans a livré des mots simples, mais lourds de sens. "Le fait d’être nommé, ce n’est jamais très agréable. On se dit qu’on est en dessous." Une phrase qui résume à elle seule le poids psychologique de la compétition. Être nommé, ce n’est pas seulement risquer de quitter l’aventure, c’est aussi se confronter à ses propres failles, à cette peur sourde de ne pas être à la hauteur.
Ce sentiment est d’autant plus difficile à encaisser que Victor sent la demi-finale toute proche. "C’est encore plus frustrant d’être nommé à ce moment-là, parce que je touche la demi-finale du bout des doigts", confie-t-il, la voix chargée d’émotion. Pourtant, loin de se laisser submerger par le découragement, il choisit de transformer cette frustration en moteur. "Je vais aller jusqu’au prime la tête haute, je vais bosser à fond. J’ai envie de rester et il faut que je le prouve au public." Une déclaration qui révèle à la fois sa détermination et cette envie profonde de ne rien regretter.
Pour ce prime du samedi 10 janvier, Victor et Anouk devront défendre leur place sur un titre particulièrement chargé en émotion : "Ma révérence" de Véronique Sanson. Une chanson exigeante, intime, qui ne pardonne ni l’approximation ni le manque de sincérité. Lors des répétitions au château, Victor a surpris tout le monde, à commencer par Lucie Bernardoni. Face à sa prestation, la répétitrice n’a pas pu retenir ses larmes, bouleversée par la justesse de ce qu’il dégageait.

Ses mots à son égard ont résonné comme une véritable déclaration de confiance. "Ça m’a fait du bien de t’entendre comme ça. Tu étais dedans, et quand toi tu es dedans, nous, ça nous transporte. Et ça nous touche." Lucie Bernardoni insiste sur un point essentiel : l’authenticité. Elle le supplie presque de ne pas perdre cette fragilité précieuse. "Là, c’est toi. Tu as beaucoup de talent. Tu as beaucoup de choses à dire. Tu m’as achevée." Une reconnaissance forte, presque salvatrice, pour un candidat qui doute souvent de lui-même.
Car depuis son arrivée au château, Victor avance avec une sensibilité qui fait autant sa force que sa faiblesse. Manquant parfois de confiance, il a souvent eu l’impression de se chercher, de ne pas savoir exactement quelle direction prendre. Ces hésitations ont parfois freiné son évolution, comme il l’a reconnu lui-même dans La Fan Box des nommés, disponible sur TF1+. Un espace d’échange direct avec les fans, où les élèves se livrent avec davantage de spontanéité.
Interrogé sur ce qu’il dirait au Victor d’il y a deux mois, celui qui a franchi pour la première fois les portes du château plein d’espoir et d’appréhension, le jeune chanteur n’a pas hésité longtemps. "Je lui dirais d’y croire plus vite et de se lâcher plus rapidement." Une phrase qui résume son principal regret. Victor a le sentiment d’avoir compris certaines choses trop tard, d’avoir mis du temps à s’autoriser pleinement à être lui-même sur scène. "Je sens que j’évolue, mais très lentement", admet-il avec une honnêteté désarmante.
Ce rythme qu’il juge insuffisant, il l’analyse avec beaucoup de lucidité. "Arrête de te poser ces questions et vas-y", se dirait-il à lui-même. Il évoque aussi une période de flottement, presque de désorientation, où il ne savait plus quoi améliorer, ni même ce que l’on attendait de lui. "Il y a eu un moment où je ne savais plus où il fallait que j’aille. Je ne savais plus ce que je devais faire, ni ce que je devais changer." Ces mots traduisent le désarroi d’un artiste en construction, confronté à l’exigence permanente du regard extérieur.

Avec le recul, Victor reconnaît que s’il avait pu anticiper certaines prises de conscience, il se serait volontiers offert ces conseils salvateurs. "Je pense que si j’avais pu me spoiler à l’époque, je me serais spoilé ces petits détails." Des détails qui, aujourd’hui, font toute la différence. Car peu à peu, quelque chose semble s’être débloqué. Sa prestation sur "Ma révérence" en est la preuve. Plus dépouillée, plus sincère, débarrassée du superflu, elle montre un Victor enfin aligné avec ce qu’il ressent profondément.
À l’approche de ce nouveau prime, l’enjeu est immense. Le public devra trancher entre Anouk et Victor, deux candidats au parcours très différent, mais animés par la même envie de continuer à grandir sur cette scène. Pour Victor, cette nomination n’est pas seulement un verdict potentiel. C’est une occasion de montrer jusqu’où il est capable d’aller lorsqu’il cesse de se freiner lui-même.
Qu’il reste ou qu’il parte, cette aventure aura déjà laissé une empreinte indélébile. Elle lui aura appris que l’évolution ne se mesure pas uniquement en classements ou en notes, mais aussi en prises de conscience. Et peut-être que cette lenteur qu’il se reproche tant est, en réalité, le signe d’une construction plus profonde, plus durable. Une chose est sûre : samedi soir, Victor ne chantera pas seulement pour rester dans la compétition. Il chantera pour prouver, avant tout à lui-même, qu’il est enfin prêt à croire en sa propre voix.

















































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