Line Renaud, 97 ans : voici quelle star va hériter de son incroyable villa de Rueil-Malmaison
- Auriane Laurent

- 20 déc. 2025
- 3 min de lecture
À 97 ans, Line Renaud continue de traverser le temps avec une élégance rare, portée par une lucidité et une tendresse qui forcent l’admiration. Depuis plus de sept décennies, c’est à Rueil-Malmaison, dans les hauteurs paisibles de l’ouest parisien, qu’elle a choisi de poser ses valises, loin de l’agitation de la capitale mais au plus près de l’essentiel. Sa maison, La Jonchère, n’est pas seulement une demeure cossue : elle est un refuge, un témoin silencieux d’une vie exceptionnelle, et aujourd’hui, un symbole fort de transmission.
Line Renaud y vit depuis 76 ans. Elle y est arrivée jeune femme, à peine sortie de l’insouciance de ses vingt ans, aux côtés de celui qui fut l’amour de sa vie, Loulou Gasté. Ensemble, ils achètent la propriété en 1949. Un choix audacieux à l’époque, presque déraisonnable. “J’avais 20 ans, on nous a pris pour des fous !”, confiait-elle avec amusement dans les colonnes de Paris Match. Pourtant, ce pari de jeunesse est devenu l’ancrage d’une existence entière. Soixante-quatorze ans plus tard, Line Renaud ne s’imagine pas vivre ailleurs. La Jonchère est devenue son port d’attache, le lieu où tout a pris forme, où les joies ont côtoyé les épreuves, où la mémoire continue de respirer.

Au fil des décennies, la maison s’est chargée d’histoires. Dans ses murs, chaque tableau, chaque photographie, chaque objet raconte un fragment de vie. Dans son jardin luxuriant, les arbres et les plantes ont grandi au même rythme que les souvenirs. Lorsqu’elle ouvre les portes de ce havre de paix aux journalistes du Parisien, Line Renaud ne se contente pas de montrer une belle demeure : elle partage une part d’elle-même. Elle évoque ses objets fétiches, les visages aimés accrochés aux murs, les instants de bonheur simple, mais aussi les absences, devenues discrètes présences.
Avec une franchise désarmante, la comédienne n’a jamais caché avoir entamé une réflexion sur la fin de vie et la transmission. Dès 2020, elle confiait à Paris Match avoir commencé à “préparer son départ”. Une phrase qu’elle prononce sans gravité excessive, fidèle à son humour et à sa sagesse : “Ça ne fait pas mourir”, disait-elle alors. Victime d’un AVC en 2019, elle a connu une longue hospitalisation, 93 jours durant lesquels elle a eu le temps de réfléchir, de mettre de l’ordre, de décider. Non pas par crainte, mais par souci de clarté et de responsabilité.
C’est ainsi qu’elle a structuré le fonds de dotation Line Renaud-Loulou Gasté, destiné à faire vivre leurs engagements bien au-delà de leur existence. “J’ai mis sur les rails le fonds de dotation Line Renaud-Loulou Gasté qui, depuis l’année dernière, donne annuellement une somme pour un médecin qui fait des avancées dans son domaine, une autre pour le Sidaction, bien sûr, et une troisième pour une association”, expliquait-elle avec précision. Pour la suite, elle sait pouvoir compter sur Claude Chirac et Muriel Robin, qu’elle considère comme ses “filles de cœur”, pour prendre le relais de cette mission.
Mais la question de La Jonchère demeure particulière. Cette maison, plus qu’un bien immobilier, est un morceau de son histoire intime. Line Renaud en est consciente : son entretien est coûteux, exigeant. “Le fonds de dotation devra peut-être vendre La Jonchère. Ce n’est pas donné à entretenir !”, reconnaît-elle avec pragmatisme. Pourtant, l’idée de voir cette demeure passer entre des mains inconnues la touche profondément. “J’aimerais bien connaître les gens qui y habiteront après moi”, confie-t-elle, laissant entrevoir une forme de veille affectueuse sur l’avenir du lieu.

Elle imagine même, avec délicatesse, une solution intermédiaire, presque romanesque. “Il se peut d’ailleurs que je cherche avant de ‘partir’, en organisant une sorte de viager, pour savoir qui vivra là.” Une façon de ne pas rompre brutalement le fil, de s’assurer que La Jonchère continuera d’abriter de la vie, du respect et de la douceur.
Dans l’idéal, Line Renaud nourrit un souhait très précis. Elle rêve que cette maison revienne à un homme qu’elle aime profondément, sans pour autant lui avoir jamais formulé cette idée directement. Il s’agit de Dany Boon. Les deux artistes partagent une relation singulière, faite d’affection sincère et de complicité. “C’est un amour. C’est mon fils un peu. J’ai demandé la permission à sa mère”, déclarait-elle avec émotion au micro de 50 minutes inside. Plus qu’un simple héritage matériel, ce serait un passage de relais symbolique, presque familial.
À travers ces confidences, Line Renaud offre bien plus qu’un récit de succession. Elle parle de transmission, de choix conscients, de liens humains qui dépassent les cadres juridiques. À 97 ans, elle continue d’enseigner sans le vouloir : préparer l’après, ce n’est pas renoncer à la vie, c’est lui donner un prolongement. Et La Jonchère, chargée d’amour et de mémoire, semble prête à écrire un nouveau chapitre, fidèle à l’esprit de celle qui l’a tant aimée.

















































Commentaires