"Lui dire au revoir" : la chanson émouvante de Mireille Mathieu aux obsèques de Brigitte Bardot
- Pierre Howard

- il y a 7 jours
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Ce mercredi 7 janvier restera à jamais gravé dans les mémoires comme le jour où la France a dit adieu à l’une de ses plus grandes icônes. Brigitte Bardot s’est éteinte à l’âge de 91 ans, laissant derrière elle un héritage immense, fait de cinéma, de musique, de combats et de liberté. À Saint-Tropez, la ville qui fut son refuge et son port d’attache, ses obsèques se sont déroulées dans une atmosphère à la fois simple, digne et profondément chargée d’émotion. Selon les volontés de celle que le monde entier surnommait BB, la cérémonie s’est tenue sans faste inutile, loin des projecteurs tapageurs, dans l’intimité d’un dernier hommage rendu à une femme qui aura marqué son époque comme peu d’autres.
C’est à l’église Notre-Dame de l’Assomption que proches, amis et personnalités se sont réunis pour accompagner Brigitte Bardot dans son dernier voyage. Le décor était sobre, presque dépouillé, à l’image de ce que l’actrice souhaitait depuis des années. Pas de discours grandiloquents, pas de mise en scène excessive, mais un recueillement sincère, porté par le silence, les regards humides et les souvenirs partagés. Après la messe, l’inhumation a eu lieu au cimetière marin de Saint-Tropez, face à la mer qu’elle aimait tant, dans un cadre à la fois paisible et solennel.
Parmi les personnes présentes figuraient des membres de sa famille, des proches de sa fondation pour la protection animale, mais aussi plusieurs personnalités venues lui rendre un dernier hommage à titre amical. Jean-Luc Reichmann, Aurore Bergé ou encore Marine Le Pen avaient fait le déplacement, témoignant de l’impact transversal qu’a eu Brigitte Bardot sur la société française, bien au-delà de son statut d’actrice. Tous étaient unis par un même sentiment : celui de perdre une figure unique, impossible à remplacer.
La veille de la cérémonie, Bernard d’Ormale, son mari, s’était exprimé sur BFM TV avec une pudeur poignante. Il avait évoqué la fin de vie de l’actrice, emportée par la maladie, et confié avec des mots simples mais lourds de sens : "J’ai vu sa souffrance partir". Une phrase qui résumait à elle seule le mélange de tristesse et de soulagement ressenti par ceux qui l’ont accompagnée jusqu’au bout.

Mais l’un des moments les plus bouleversants de cette journée restera sans aucun doute l’hommage rendu par Mireille Mathieu. Amie de longue date de Brigitte Bardot, la chanteuse de 79 ans s’est présentée devant l’église, visiblement très émue, dissimulant ses larmes derrière de grandes lunettes noires. La voix tremblante, elle a accepté de s’exprimer devant les journalistes, livrant un témoignage empreint de sincérité et de douleur.
"Je suis vraiment très émue d’être là", a-t-elle confié, marquant plusieurs pauses pour reprendre son souffle. "La dernière fois que j’ai eu l’honneur de parler à Brigitte, c’était au mois d’août. Je lui ai dit toute mon admiration. Pour moi, Brigitte Bardot, c’est la France dans le monde." Des mots simples, mais puissants, qui résumaient la place exceptionnelle qu’occupait l’ancienne actrice dans l’imaginaire collectif.
Mireille Mathieu a poursuivi, évoquant avec tendresse et respect celle qu’elle considérait comme une figure à part, presque irréelle. "Il n’y en a qu’une, il n’y en a toujours qu’une. Elle avait cette beauté du cœur et cette beauté physique", a-t-elle déclaré. Pour la chanteuse, Brigitte Bardot incarnait une forme de liberté rare, une audace assumée, une capacité à dire ce qu’elle pensait sans jamais se cacher. "C’était cette liberté qu’elle avait, cette audace de dire les choses. La plus belle femme du monde. Brigitte Bardot, c’est la France. Il ne faut pas l’oublier."
Les souvenirs ont ensuite afflué, plus intimes, plus personnels. Mireille Mathieu s’est remémoré leur dernier échange téléphonique, quelques mois avant la disparition de l’icône. "Avant que je raccroche, elle m’a dit : ‘Je vous embrasse, ma petite sœur’. Et je lui ai répondu : ‘Si vous le permettez, je vous embrasse, ma grande sœur’." Une anecdote simple, mais chargée d’une émotion immense, révélant la tendresse et la complicité qui unissaient les deux femmes.
"Et aujourd’hui", a-t-elle ajouté, la voix brisée, "je vais l’accompagner pour lui dire au revoir." Ces mots prenaient alors tout leur sens lorsque, durant la messe, Mireille Mathieu est montée sur l’autel pour interpréter Panis Angelicus. A cappella, sans artifice, sa voix s’est élevée dans l’église, pure et fragile à la fois. Le temps semblait suspendu. Chaque note résonnait comme une prière, un dernier baiser musical adressé à celle qui avait tant donné à la France.
Après cet instant d’une rare intensité, le ténor Vincent Niclo a pris le relais pour chanter un Ave Maria bouleversant. L’émotion était palpable, presque insoutenable. Certains invités ont laissé couler leurs larmes, d’autres ont fermé les yeux, comme pour graver ce moment dans leur mémoire. La musique, une fois encore, s’est imposée comme le langage le plus juste pour accompagner l’adieu à une légende.
Car Brigitte Bardot n’était pas seulement une actrice mythique. Elle était aussi une chanteuse qui a marqué son époque avec des titres devenus emblématiques, comme La Madrague ou Harley Davidson. Des chansons qui résonnaient comme des hymnes à la liberté, à la mer, à une certaine idée de la vie. Lui dire adieu en musique relevait donc de l’évidence.
En quittant l’église, les invités avaient le visage grave, mais aussi le sentiment d’avoir participé à un moment d’histoire. Brigitte Bardot s’en allait, mais son image, sa voix, ses combats et son esprit de liberté resteraient à jamais inscrits dans le patrimoine français. À Saint-Tropez, face à la Méditerranée, la France venait de perdre l’une de ses plus grandes icônes, mais aussi de lui rendre l’hommage qu’elle méritait, avec pudeur, respect et émotion.

















































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