Star Academy : “J’ai horreur de ça” — quand Marlène Schaff met en garde contre l’excès de certitudes, jusqu’à provoquer un malaise
- Pierre Howard

- il y a 13 heures
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À l’approche de la grande finale de la treizième saison de la Star Academy, les tensions sont palpables, les débats s’intensifient et les certitudes commencent à s’installer, parfois un peu trop vite. Dans ce climat électrique, une voix s’est élevée, calme mais ferme, pour rappeler une vérité essentielle du métier d’artiste : rien n’est jamais acquis. Cette voix, c’est celle de Marlène Schaff. Invitée le jeudi 29 janvier dans l’émission Culture Médias sur Europe 1, la professeure d’expression scénique n’a pas mâché ses mots. Sans jamais citer de nom, elle a tenu à mettre en garde contre une forme de confort artistique qui, selon elle, peut devenir un piège redoutable… jusqu’à mener à l’échec.
Depuis plusieurs semaines, les pronostics vont bon train autour de la Star Academy. Les réseaux sociaux s’enflamment, les débats s’enchaînent, et certains candidats semblent déjà installés dans le rôle de favori. Une situation que Marlène Schaff observe avec une certaine inquiétude. Sur le plateau d’Europe 1, alors que Thomas Isle partageait son intuition sur l’issue de la compétition, la professeure a immédiatement tenu à réagir.
“C’est pas très cool ce que je vais dire, mais j’ai horreur de ça”, a-t-elle lâché, sans détour. Une phrase simple, mais lourde de sens. Derrière ces mots, Marlène Schaff ne vise pas un candidat en particulier, mais une attitude qu’elle juge dangereuse : celle qui consiste à croire trop tôt que tout est déjà joué.
Elle poursuit avec une réflexion qui a fait réagir de nombreux auditeurs : “Quand je me dis que, dès une prestation, tout le monde pense que c’est gagné, je me demande à quoi ça sert qu’on se fatigue pendant quatre mois.” Cette déclaration, prononcée sans agressivité mais avec une grande fermeté, a résonné comme un avertissement. Pour Marlène Schaff, le danger n’est pas tant le regard du public que ce que ces étiquettes peuvent provoquer chez les candidats eux-mêmes.

Dans son esprit, la Star Academy n’est pas une simple succession de performances, mais un long chemin d’apprentissage, de remise en question et de travail constant. Elle insiste d’ailleurs sur un point fondamental : “Je me refuse à ce que tout semble déjà gagné.” Une phrase qui, pour beaucoup, sonne comme une critique indirecte envers certains élèves qui, portés par les éloges et la reconnaissance, pourraient perdre ce feu intérieur qui pousse à se dépasser.
Sans jamais pointer quelqu’un du doigt, Marlène Schaff évoque ce moment délicat où un artiste peut basculer d’une confiance saine à une forme de confort dangereux. Selon elle, croire que le talent suffit est l’erreur la plus fréquente, et parfois la plus cruelle. “Un artiste doit essayer”, rappelle-t-elle. Essayer encore. Essayer toujours. Même — et surtout — quand tout semble aller bien.
Cette prise de parole intervient dans un contexte particulier. La compétition touche à sa fin, les écarts se resserrent, et chaque détail compte désormais. À ce stade, la moindre hésitation, le moindre relâchement peut coûter très cher. Marlène Schaff le sait mieux que personne. En tant que coach, elle a vu passer des dizaines de talents, brillants, prometteurs, parfois persuadés que leur avance était définitive. Et elle sait aussi combien la chute peut être brutale.
Elle insiste alors sur sa volonté de rester impartiale, presque farouchement. “On ne sait jamais avant de monter sur scène si la prestation va marquer ou non”, explique-t-elle. Cette phrase résume toute sa philosophie pédagogique : rien ne remplace l’instant présent, rien ne garantit l’émotion, rien ne protège d’un soir sans grâce.
Pour préserver cette exigence, Marlène Schaff se fixe une règle stricte : “Je veux rester hyper ouverte, essayer au maximum de garder mon objectivité.” Une posture difficile, surtout lorsque l’on accompagne les candidats pendant des mois, que l’on voit leurs progrès, leurs fragilités, leurs forces. Pourtant, elle s’y tient, convaincue que l’honnêteté artistique est la seule manière de respecter leur travail.
Elle va même plus loin, en soulignant la durée exceptionnelle de l’aventure : “La Star Academy dure quatre mois.” Quatre mois durant lesquels tout peut évoluer, se transformer, se renverser. Se forger une opinion définitive trop tôt serait, selon elle, une trahison de l’esprit même de l’émission. “Ça serait vraiment dommage que je me mette une opinion dans la tête, parce que ça, c’est très difficile à déraciner après.”

Dans les coulisses, cette déclaration n’est pas passée inaperçue. Beaucoup y voient une mise en garde adressée à ceux qui semblent déjà installés dans une forme de reconnaissance acquise. Une manière élégante, mais ferme, de rappeler que le talent n’est jamais une rente, et que chaque prestation doit être abordée comme si tout restait à prouver.
Marlène Schaff ne parle jamais de chute par plaisir. Elle parle de responsabilité. Celle de l’artiste envers lui-même, envers le public, envers l’émotion qu’il promet de transmettre. Dans son discours, il n’y a ni mépris ni jugement, mais une exigence presque maternelle : celle de ne jamais laisser un élève s’installer dans la facilité.
À quelques jours de la finale, ses mots prennent une résonance particulière. Ils rappellent que la Star Academy n’est pas seulement un concours de voix, mais une école de rigueur, d’humilité et de sincérité. Et que parfois, ce n’est pas le manque de talent qui fait perdre, mais l’illusion d’avoir déjà gagné.

















































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