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Claude François : quel score pour "Le mal aimé", de retour dans les charts après la pub Intermarché ?

  • Photo du rédacteur: Auriane Laurent
    Auriane Laurent
  • 23 déc. 2025
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 25 déc. 2025

Il y a des chansons qui traversent les décennies sans jamais vraiment disparaître, se contentant d’attendre le moment juste pour revenir toucher le cœur du public. À l’approche de Noël, alors que les playlists se remplissent traditionnellement de refrains festifs et de tubes anglo-saxons devenus rituels, un titre français né il y a plus de cinquante ans s’est frayé un chemin inattendu dans les classements. "Le mal aimé" de Claude François, sorti en 1974, fait un retour remarqué dans le Top Singles, porté par une publicité de Noël pour Intermarché devenue virale à l’échelle mondiale. Une résurgence qui dépasse largement la simple performance chiffrée et qui interroge sur la force durable de la chanson française et sur la mémoire émotionnelle du public.


À première vue, le classement de cette semaine semble dominé par une stabilité presque rassurante. En tête, Disiz et Theodora continuent de régner sans partage avec "Melodrama", qui s’offre une dixième semaine consécutive au sommet. Le titre réalise même sa meilleure performance depuis son entrée dans le classement, cumulant plus de neuf millions d’écoutes sur les plateformes de streaming, en progression notable. Une longévité qui témoigne d’un attachement solide du public, bien au-delà de l’effet de nouveauté.



Derrière ce duo, le podium reste inchangé. RnBoi conserve la deuxième place avec "Mon bébé", tandis que Nono La Grinta maintient sa position grâce à "Love You". Les chiffres, légèrement en baisse pour l’un, plus stables pour l’autre, montrent une consommation toujours massive, oscillant entre quatre et cinq millions d’écoutes hebdomadaires. Gims, figure incontournable du paysage musical actuel, s’accroche quant à lui à la quatrième place avec "Parisienne", un titre qui continue de fédérer plusieurs millions d’auditeurs semaine après semaine.



Plus bas dans le classement, Franglish et Keblack gagnent une place avec "Génération impolie", confirmant leur capacité à installer leurs titres dans la durée. La bande originale de "KPop Demon Hunters" voit "Golden" reculer légèrement, sans pour autant perdre l’intérêt du public, preuve que les projets transversaux continuent de séduire un large éventail d’auditeurs. Taylor Swift, de son côté, résiste solidement avec "The Fate of Ophelia", qui progresse même légèrement en nombre d’écoutes, signe d’une fanbase fidèle et attentive.



La dynamique se poursuit avec Gims, encore lui, qui profite de l’actualité de ses concerts à Paris La Défense Arena pour installer un nouveau titre dans le haut du classement. "Bloqué", en collaboration avec L2B, grimpe et s’impose progressivement comme un tube potentiel. D’autres artistes, comme Bleu Soleil, Luiza, Jul ou Theodora, complètent ce top 10 où les styles se croisent et où la diversité musicale reste palpable.


Fait notable à l’approche des fêtes, les grands classiques de Noël peinent à s’imposer dans le top 10. "All I Want For Christmas Is You" de Mariah Carey, pourtant incontournable chaque année, se contente cette fois d’une onzième place, malgré une progression en nombre d’écoutes. "Last Christmas" de Wham! suit plus loin, en quinzième position, confirmant que la concurrence est rude et que les habitudes d’écoute évoluent. Les auditeurs semblent naviguer entre nostalgie et nouveautés, sans se laisser enfermer dans une seule tradition.



C’est dans ce contexte déjà riche qu’intervient le retour inattendu de Claude François. Boostée par la publicité de Noël d’Intermarché, vue plus d’un milliard de fois à travers le monde, "Le mal aimé" fait son entrée à la 82e place du classement, avec près de 943.000 écoutes en streaming sur la semaine. Un chiffre modeste comparé aux géants actuels du streaming, mais profondément symbolique pour un titre datant de 1974.



À sa sortie, "Le mal aimé" avait rencontré un succès immédiat, se hissant en tête du hit-parade et s’écoulant à plus de 265.000 exemplaires, dans une époque où les modes de consommation musicale étaient radicalement différents. Le retour du titre aujourd’hui, dans un paysage dominé par les plateformes numériques, illustre à quel point une chanson peut changer de statut au fil du temps. D’objet de consommation immédiate, elle devient patrimoine émotionnel, capable de toucher des générations qui n’étaient pas nées lors de sa sortie.



La publicité d’Intermarché joue ici un rôle central, mais elle n’explique pas tout. Si les images, la narration et l’émotion véhiculées par le film publicitaire ont évidemment contribué à la viralité du morceau, c’est bien la chanson elle-même qui retient l’attention. "Le mal aimé" parle de solitude, de manque de reconnaissance, d’amour fragile. Des thèmes universels, intemporels, qui résonnent particulièrement fort dans une période comme Noël, souvent idéalisée mais parfois douloureuse pour ceux qui se sentent en marge.


Ce retour de Claude François s’inscrit d’ailleurs dans un mouvement plus large de redécouverte de titres plus anciens, souvent propulsés par les réseaux sociaux ou par des utilisations audiovisuelles fortes. Zara Larsson, par exemple, voit "Lush Life" remonter dans les charts grâce à un succès viral sur TikTok, tandis que Rosalia réintègre le classement avec "La perla" après la sortie d’un clip particulièrement remarqué. Ces trajectoires montrent que le succès n’est plus linéaire, mais fait de cycles, de résurgences et de rencontres imprévues entre une œuvre et son époque.


Dans le cas de Claude François, l’émotion est d’autant plus forte que l’artiste occupe une place singulière dans la mémoire collective française. Icône populaire, souvent réduite à ses tubes les plus enjoués, il révèle ici une facette plus mélancolique, plus fragile, qui touche un public élargi. Pour certains, "Le mal aimé" évoque des souvenirs personnels, des fragments de vie associés à une voix familière. Pour d’autres, plus jeunes, c’est une découverte, presque une surprise, de voir à quel point une chanson ancienne peut sembler actuelle.



Ce retour dans les charts ne bouleverse pas les équilibres du classement, mais il raconte autre chose. Il rappelle que la musique ne se résume pas à des chiffres ou à des positions. Elle circule, disparaît, revient, portée par des contextes nouveaux et des émotions renouvelées. Dans un monde saturé de nouveautés, la résurgence de "Le mal aimé" agit comme un rappel doux et puissant : certaines chansons n’ont pas besoin d’être modernes pour être vivantes.



À l’heure où les algorithmes dictent une grande partie des écoutes, ce type de succès rappelle aussi le rôle décisif de l’émotion et du récit. Une image, une histoire, une voix peuvent suffire à réveiller un titre endormi et à lui offrir une seconde vie. Claude François, disparu depuis longtemps, continue ainsi de dialoguer avec le présent, sans artifices, simplement par la force de ses mots et de sa mélodie.


Au fond, le score de "Le mal aimé" importe peut-être moins que ce qu’il symbolise. Une chanson qui réapparaît, un artiste qui traverse les générations, et un public qui, l’espace d’un instant, ralentit pour écouter. Dans le tumulte des sorties hebdomadaires et des tubes calibrés, cette parenthèse nostalgique rappelle que la musique est avant tout une affaire de sensibilité et de mémoire partagée.

 
 
 

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