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"Elle m'a quitté..." : inconsolable, Pierre Perret brise le silence après la perte de son épouse

  • Photo du rédacteur: Pierre Howard
    Pierre Howard
  • 22 janv.
  • 4 min de lecture

Le début de l’année 2026 a pris une teinte particulièrement sombre pour Pierre Perret. Derrière le sourire malicieux, la voix chaleureuse et les chansons qui ont accompagné plusieurs générations, l’artiste traverse aujourd’hui l’une des épreuves les plus douloureuses qu’un homme puisse connaître : la perte de celle qui fut son épouse, sa compagne de route, son soutien indéfectible et la mère de ses enfants. Simone Mazaltarim, que beaucoup connaissaient sous le surnom affectueux de "Rebecca", s’est éteinte dans la nuit du 4 janvier, laissant derrière elle un vide immense et une histoire d’amour rare, forgée sur plus de soixante années de vie commune.


Pendant plusieurs jours, Pierre Perret est resté silencieux. Un silence lourd, presque irréel, comme si les mots refusaient de se former face à l’ampleur de la perte. Ceux qui le connaissent savent combien l’artiste manie habituellement la langue avec aisance, humour et poésie. Mais cette fois, le choc était trop brutal. Il lui fallait du temps pour accepter l’impensable : apprendre à vivre sans celle qui, depuis 1957, partageait chaque instant de son existence.



Leur histoire commence à la fin des années 1950, dans un décor presque anodin, mais déjà chargé d’une énergie particulière. C’est dans les locaux de la maison de disques Barclay que Pierre Perret et Simone Mazaltarim se rencontrent, à l’occasion d’une dispute mémorable au sujet d’un remboursement de billet d’avion. Une "engueulade", comme il aimait le raconter avec tendresse et autodérision. Ce moment, qui aurait pu rester un simple désaccord professionnel, devient au contraire le point de départ d’une relation hors du commun. Très vite, une complicité évidente s’installe entre eux, faite de caractère, de rires, de débats passionnés et d’un respect mutuel profond.



Mariés pendant 63 ans, Pierre et Rebecca ont traversé ensemble les joies éclatantes comme les tempêtes les plus rudes. Elle n’était pas seulement son épouse. Elle est devenue son agent, son pilier, son garde-fou, celle qui veillait sur lui autant dans l’ombre que dans la lumière. Elle connaissait ses forces, ses failles, ses colères et ses doutes. Et surtout, elle le défendait avec une ardeur sans limite. Pierre Perret ne s’en est jamais caché : Rebecca avait un caractère bien trempé. Certains la trouvaient "pas commode", mais lui savait que derrière cette fermeté se cachait une loyauté absolue.



Dans le message qu’il a finalement partagé sur Facebook, poussé par l’élan de tendresse et de soutien reçu de toutes parts, Pierre Perret a choisi la sincérité brute. Sur une photographie ancienne, prise au bord des falaises, on les voit complices, unis, presque hors du temps. En légende, des mots simples, mais déchirants : "Mes loulous, mes amis, Rebecca m’a quitté. Rebecca nous a quittés. C’est la première fois après sept décennies de joies, de galères, d’amour." Une phrase qui résume à elle seule une vie entière partagée à deux.



L’artiste se souvient avec émotion de cette femme qui ne laissait jamais passer une injustice. "Faire du Rebecca", dans son langage imagé, signifiait renverser la table, faire du bruit, refuser le silence face à ce qui lui semblait intolérable. Elle se battait avec la même intensité pour défendre son mari que pour protéger ceux qu’elle aimait. Cette force, parfois redoutée, était avant tout une preuve d’amour sans compromis.


Rebecca était une femme de convictions. Elle disait ne pas supporter les "cons obstinés", une expression qui, selon Pierre Perret, résumait parfaitement son aversion profonde pour le racisme, l’antisémitisme, la violence faite aux femmes et toutes les formes de bêtise et de haine. Ces combats faisaient écho à ceux que le chanteur menait depuis toujours à travers ses chansons, ses prises de position et son humour engagé. Ensemble, ils formaient un duo soudé, animé par des valeurs communes et un sens aigu de la justice.



Aujourd’hui, Pierre Perret continue de parler d’elle au présent, comme pour refuser de la laisser s’éloigner trop vite. Il évoque sa lucidité parfois terrible, ses moqueries, son regard perçant sur le monde, mais surtout l’amour immense qu’elle diffusait autour d’elle. Un amour qui ne se proclamait pas toujours en mots doux, mais qui se prouvait chaque jour par des actes, une présence constante et une fidélité sans faille.



Dans son message d’adieu, il s’adresse directement à elle, comme s’il pouvait encore franchir la frontière invisible qui les sépare désormais : "Non ma femme, non ma Simone, ma Rebecca, personne jamais ne t’oubliera. Eh oui, nous t’aimerons toujours." Ces mots, empreints de douleur et de gratitude, ont profondément ému ses admirateurs, touchés par la pudeur et la sincérité de cet hommage.


La disparition de Rebecca marque la fin d’un chapitre essentiel de la vie de Pierre Perret, mais aussi le témoignage d’un amour rare, construit dans la durée, loin des artifices. À travers ce deuil, c’est toute une génération qui se reconnaît dans cette histoire faite de fidélité, de luttes communes et de tendresse discrète. Si la musique de Pierre Perret a souvent su mettre des mots sur les émotions humaines, aujourd’hui, ce sont les silences, les souvenirs et les larmes qui racontent le mieux ce qu’il a perdu.


Et pourtant, au-delà de la tristesse, subsiste une certitude : Rebecca continue de vivre à travers les souvenirs, les valeurs et l’amour qu’elle a semés tout au long de sa vie. Une présence invisible, mais indélébile, gravée dans le cœur de celui qui partagea son chemin pendant plus de soixante ans.


 
 
 

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