top of page
Thủ công giấy

Gérard Lenorman honnête sur son état: "Le corps décline"

  • Photo du rédacteur: Maxime Lemoine
    Maxime Lemoine
  • il y a 9 heures
  • 5 min de lecture

Le 9 février dernier, Gérard Lenorman a soufflé ses 81 bougies. Un anniversaire symbolique pour l’auteur-compositeur-interprète, qui regarde aujourd’hui le chemin parcouru avec une sérénité nouvelle. L’artiste, qui a marqué des générations entières avec ses chansons intemporelles, s’est récemment confié avec une grande franchise sur son état de santé, son rapport au temps et cette retraite qu’il a choisie en toute conscience, comme on ferme un livre précieux après en avoir savouré chaque page.


Au début du mois de janvier, il a fait une apparition publique remarquée en assistant aux obsèques de son amie Brigitte Bardot. Une présence discrète, fidèle, à l’image de l’homme qu’il a toujours été. Depuis son dernier concert donné en Normandie en 2023, Gérard Lenorman s’est retiré de la scène. Une décision qu’il décrit comme naturelle, presque évidente. "Il m'a semblé que la boucle était bouclée. Spontanément, avant de descendre de scène j'ai annoncé que j'arrêtais", raconte-t-il avec simplicité. Il n’y a pas eu de grand discours préparé, ni de mise en scène théâtrale. Juste l’intuition profonde que le moment était venu.



Aujourd’hui installé dans le sud de la France avec sa compagne Marie, il savoure une vie plus calme, loin de l’agitation des tournées et du trac des concerts. Pourtant, lorsqu’il évoque son âge, une pointe d’étonnement traverse encore sa voix. "Je n'arrive pas à y croire ! Je n'ai pas vu le temps passer. Je vais bien. Un genou qui craque, un dos qui me rappelle à l'ordre, la vue qui baisse, mais qu'importe, puisque mon regard reste ouvert sur les beautés du monde." Dans ces mots, on perçoit à la fois la lucidité d’un homme conscient des limites de son corps et l’optimisme intact de celui qui continue de s’émerveiller.



Car s’il reconnaît que les années laissent leurs marques, Gérard Lenorman ne s’abandonne ni à l’amertume ni à la nostalgie. Il parle du temps qui passe comme d’un compagnon discret, parfois exigeant, mais jamais cruel. Les douleurs physiques existent, bien sûr. Les articulations se font entendre, le dos rappelle certaines fatigues anciennes, la vue se trouble un peu. "Le corps décline c'est sûr", admet-il sans détour. Mais aussitôt, il nuance. Ce qui compte, dit-il, c’est que la lumière intérieure demeure. Cette flamme qui l’a toujours guidé, cette sensibilité qui nourrit encore son regard sur le monde.



Depuis qu’il a quitté la scène, il découvre un rythme différent. "Je vis, enfin !" confie-t-il avec un sourire que l’on devine. Pendant des décennies, la quête de perfection l’a accompagné au quotidien. Chaque concert, chaque note, chaque parole était pesée, travaillée, répétée. Le stress faisait partie intégrante de son existence d’artiste. Aujourd’hui, cette pression s’est dissipée. Il parle d’un apaisement presque libérateur. "Le stress qui me rongeait au quotidien, dans ma quête de perfection, me laisse désormais plus tranquille. Je parle plus que jamais aux oiseaux, au soleil et aux forêts."



Cette image, poétique et tendre, résume bien l’état d’esprit qui l’anime désormais. Gérard Lenorman marche beaucoup. Il observe. Il contemple. "Je m'émerveille d'un rien. Un oiseau qui se baigne, une feuille qui tombe, le soleil qui se couche. Et je marche, je marche, je marche." Dans cette répétition presque enfantine, il y a une joie simple, celle de ressentir encore intensément la beauté des choses ordinaires.


La retraite n’a pourtant pas mis fin à sa créativité. La musique reste présente, mais elle n’a plus la même urgence. "Je continue à écrire, je compose pour le plaisir, je 'gratouille', mais tout est devenu plus léger." Il ne s’agit plus de remplir des salles ni de répondre à des attentes commerciales. Il compose parce qu’il en a envie, parce que la musique fait partie de lui. Récemment, il a pris plaisir à ressortir plusieurs 45 tours en langues étrangères, revisitant ainsi une partie de son parcours avec un regard neuf. "Nous venons de ressortir de nombreux 45 tours en langues étrangères. J’ai pris un immense plaisir à préparer cette sélection." Ce travail de mémoire lui a permis de replonger dans des souvenirs précieux, sans nostalgie excessive, mais avec gratitude.



À 81 ans, la question de la fin de vie n’est pas absente de ses pensées. Il en parle avec une étonnante tranquillité. "La mort viendra quand elle viendra." Il ne cherche ni à la provoquer ni à l’ignorer. Il l’accepte comme une étape naturelle. "J'ai le sentiment d'avoir eu une vie bien remplie, d'avoir été et d'être profondément aimé et surtout d'avoir été fidèle à mes convictions." Dans cette phrase, tout semble dit : l’essentiel n’est pas la durée, mais l’intensité et la fidélité à soi-même.


Il confie espérer que sa "petite lumière intérieure restera intacte jusqu'à mon dernier souffle". Cette lumière, c’est sans doute cette capacité à rester émerveillé, à conserver une âme d’enfant. Il dit d’ailleurs avoir "gardé [son] âme d'enfant", comme un trésor qu’il aurait protégé au fil des années. Peut-être est-ce cela qui lui permet aujourd’hui de vivre cette étape de sa vie avec autant de douceur.


Malgré son âge, il continue de rêver. Des rêves de voyages, notamment en Tanzanie, au Congo ou au Rwanda. Des destinations lointaines qui éveillent en lui une curiosité intacte. Mais il reste lucide face aux contraintes sanitaires que ces voyages peuvent impliquer. "Si je dois sacrifier mon intégrité face à des exigences sanitaires, et il y en a beaucoup pour ces pays, alors je préfère continuer à rêver." Cette phrase résume parfaitement son état d’esprit : désirer sans s’acharner, espérer sans se mettre en danger, accepter les limites sans renoncer à l’imaginaire.



Gérard Lenorman apparaît aujourd’hui comme un homme en paix. Il ne nie pas le déclin du corps, mais il refuse d’en faire un drame. Il accepte les fragilités, les douleurs légères, les ajustements nécessaires. En échange, il reçoit le calme, la liberté, le temps de contempler. Il n’a plus besoin de courir après les succès ni de prouver quoi que ce soit. Son parcours parle pour lui.


À travers ses confidences, il offre une leçon de simplicité et de dignité. Vieillir, pour lui, n’est pas un échec. C’est une transformation. Le corps change, oui. Mais l’âme peut rester vibrante. Et tant que le regard continue de s’ouvrir sur "les beautés du monde", tant que l’émerveillement demeure, la vie garde sa saveur.


À 81 ans, Gérard Lenorman ne cherche plus à conquérir les scènes. Il marche sous le soleil du sud, écoute les oiseaux, compose quelques notes au gré de ses envies. Il sait que le temps est précieux, mais il ne le redoute pas. Il l’habite pleinement, avec gratitude. Et dans cette sérénité, il continue, à sa manière, de chanter la vie.


 
 
 
bottom of page