"C’est douloureux" : Vianney, sur le point de finir sa cabane, donne de ses nouvelles et évoque la suite de sa carrière
- Théo Ruisseau

- il y a 18 heures
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Le 15 février 2026, Vianney a donné de ses nouvelles d’une manière qui lui ressemble profondément : sans tapage, sans promotion tapissante, mais avec sincérité et poésie. Depuis plus de six mois, le chanteur a mis entre parenthèses son quotidien d’artiste pour se consacrer à un projet aussi inattendu qu’intime : construire de ses propres mains une cabane en rondins de bois, au cœur d’un environnement naturel qui l’a vu grandir. Une aventure physique, exigeante, parfois douloureuse, mais qu’il décrit comme essentielle.
À l’été 2025, alors que sa carrière suivait son cours après son passage remarqué comme coach dans l’émission The Voice, Vianney a pris une décision radicale. Il a choisi de ralentir, de s’éloigner des studios, des plateaux et des salles de concert pour se recentrer. Ce recentrage n’a rien d’abstrait. Il s’est matérialisé par un chantier bien réel, installé sur une propriété familiale située aux abords d’une forêt. Là, au milieu des arbres et du silence, il a entrepris de bâtir un refuge en bois, entièrement façonné par ses mains.
En octobre 2025, il avait déjà partagé avec ses abonnés une vidéo révélatrice de cette métamorphose. On l’y voyait, concentré, patient, creusant lentement des rondins qui deviendraient bientôt les murs de sa cabane. Chaque geste semblait mesuré, réfléchi, presque méditatif. Puis venait l’effort brut : hisser les troncs un à un, les ajuster, les empiler avec précision. "Cela fait un peu plus de quatre mois que j’ai décidé de mettre en pause mon quotidien de chanteur, pour me consacrer à la construction d’une cabane en rondins, dans laquelle j’installerai un lit, un poêle et un piano, avant d’y écrire des chansons", expliquait-il alors.
Ce projet n’était pas une simple fantaisie passagère. Il portait en lui une dimension symbolique forte. Construire un espace de ses propres mains, c’était aussi reconstruire un rythme, redéfinir ses priorités, retrouver un lien direct avec la matière et le temps. À l’origine, Vianney espérait terminer sa cabane avant Noël 2025. Mais la réalité du chantier, les aléas climatiques et l’ampleur du travail l’ont contraint à prolonger l’aventure. Loin de s’en décourager, il a entamé l’année 2026 sur le même chantier, avec la même détermination.

Le 13 février 2026, il a célébré son 35e anniversaire dans un décor bien différent de ceux auxquels ses fans sont habitués. Pas de scène illuminée, pas de micros ni d’applaudissements. Juste la forêt, le bois, la boue, le froid… et sa cabane presque achevée. Sur Instagram, il a publié un carrousel de photos et de vidéos. Sur la première image, on le découvre souriant, tenant un rondin d’anniversaire, posé devant la structure imposante de son refuge en bois. Une image à la fois simple et chargée de sens.
Dans la légende, ses mots résonnent avec une authenticité touchante : "Mon anniversaire le plus spécial. J’ai 35 ans et, il y a quelques mois, je me suis évadé. C’est boueux, c’est froid, c’est douloureux. Et pourtant je me sens si bien. Bientôt mon refuge sera terminé et je m’y enfermerai un temps. Les chansons viendront sûrement. Merci à ma famille si solide, et à vos messages précieux."
Ces quelques lignes en disent long. "C’est boueux, c’est froid, c’est douloureux." Le chantier n’a rien d’une carte postale romantique. Il implique des efforts physiques intenses, des journées sous la neige, des mains abîmées par le bois. Sur certaines images, on aperçoit d’ailleurs sa main en sang, trace visible d’un travail exigeant. Pourtant, loin de s’en plaindre, il insiste sur le bien-être que lui procure cette expérience. "Et pourtant je me sens si bien." Dans cette contradiction apparente se trouve peut-être la clé de sa démarche : accepter l’inconfort pour retrouver l’essentiel.
Les vidéos partagées montrent un Vianney transformé par cette parenthèse. Barbe plus fournie, cheveux plus longs, silhouette enveloppée dans des vêtements de chantier, il semble s’être fondu dans son environnement. On le voit façonner le bois, construire des cadres de fenêtres et de portes, ajuster les structures avec minutie. Chaque détail compte. Ce n’est pas seulement une cabane qu’il érige, mais un espace pensé pour accueillir le silence, la réflexion et, bientôt, la musique.
Car au cœur de ce projet se dessine déjà la suite de sa carrière. S’il s’est éloigné du tumulte médiatique, ce n’est pas pour abandonner la musique. Au contraire. La cabane est destinée à devenir un lieu de création. Il y installera un lit, un poêle pour affronter les saisons froides, et surtout un piano. "Les chansons viendront sûrement", écrit-il avec une humilité presque timide. Il ne promet rien, ne fixe aucune date, ne parle pas d’album imminent. Il laisse simplement entendre que l’inspiration naîtra naturellement de cet isolement choisi.
Cette approche tranche avec le rythme effréné de l’industrie musicale. Pas d’annonce spectaculaire, pas de stratégie marketing dévoilée. Juste l’idée de s’enfermer "un temps" dans son refuge pour écrire. Ce retrait volontaire ressemble à une respiration nécessaire après des années de succès, de tournées et d’exposition médiatique. À 35 ans, Vianney semble ressentir le besoin de se reconnecter à la source même de sa créativité.
Au-delà du chantier et de la musique, ses publications laissent aussi entrevoir des instants familiaux précieux. Sur l’une des vidéos, on entend la voix de son fils Edgar, âgé de quatre ans, partager une réflexion pleine d’innocence : "En fait je sais pourquoi les nuages se forment. C’est avec la fumée des maisons que ça se forme les nuages." Cette phrase, tendre et spontanée, apporte une touche de douceur au milieu des images de travail et de neige. Elle rappelle que cette parenthèse n’est pas un isolement solitaire, mais un moment partagé avec les siens.
Vianney remercie d’ailleurs "ma famille si solide" dans son message. Derrière la cabane en rondins, il y a un socle invisible : celui du soutien, de la stabilité affective, de l’amour. Peut-être est-ce cette base qui lui permet de s’autoriser une telle retraite, de ralentir sans craindre l’oubli, de prendre le temps de construire au sens propre comme au figuré.
À travers ce projet, il semble redéfinir sa relation au succès. Le refuge qu’il bâtit n’est pas une fuite, mais un choix. Un espace pour se retrouver, pour écrire autrement, pour laisser mûrir les chansons loin des attentes immédiates. Il ne parle pas de fin de carrière, bien au contraire. Il évoque la suite avec douceur, presque en chuchotant. Les chansons viendront. Elles naîtront du bois, du silence, du froid et des matins brumeux.

À l’approche de l’achèvement de la cabane, une nouvelle étape s’annonce. Lorsque les murs seront totalement dressés, lorsque le poêle réchauffera l’intérieur et que le piano trouvera sa place, Vianney s’y enfermera "un temps". Combien de semaines, combien de mois ? Il ne le précise pas. Ce flou entretient le mystère, mais témoigne aussi d’un désir de liberté. Il ne veut plus courir après un calendrier. Il préfère laisser le temps faire son œuvre.
En partageant cette aventure avec son public, Vianney offre plus qu’une simple mise à jour sur un chantier. Il propose une réflexion sur le rythme de vie, sur le courage de ralentir, sur la valeur de l’effort manuel et du silence. À 35 ans, il choisit la patience plutôt que la précipitation, la profondeur plutôt que la vitesse.
Bientôt, sa cabane sera achevée. Les murs auront absorbé des heures de travail, des doutes, des douleurs, mais aussi des sourires et des éclats de voix d’enfant. Et derrière ces rondins de bois, peut-être se prépareront les prochaines mélodies qui accompagneront une génération entière. En attendant, Vianney continue de bâtir, planche après planche, note après note, un refuge qui est à la fois un lieu et une promesse.

















































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