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Helena : son nouveau clip "Capuche" cache un message qui va beaucoup faire parler

  • Photo du rédacteur: Pierre Howard
    Pierre Howard
  • il y a 7 jours
  • 5 min de lecture

À quelques semaines des Victoires de la Musique 2026, Helena s’impose plus que jamais comme l’une des figures les plus marquantes de la nouvelle scène francophone. Révélée au grand public lors de la “Star Academy”, où elle avait atteint le stade des demi-finales, la jeune chanteuse belge ne cesse depuis de confirmer que son succès n’a rien d’un hasard. Entre reconnaissance institutionnelle, succès populaire et engagement artistique assumé, Helena traverse une période charnière de sa carrière. Et son nouveau single, “Capuche”, accompagné d’un clip aussi symbolique que troublant, en est l’illustration la plus forte.


Le 13 février prochain, Helena montera sur la scène prestigieuse de la Seine Musicale, près de Paris, à l’occasion des Victoires de la Musique. Une soirée qui pourrait marquer un tournant décisif dans son parcours. Quadruplement nommée, elle est en lice pour la Chanson originale de l’année avec son titre “Mauvais garçon”, la seule catégorie dont le verdict dépend directement du vote du public. Mais ce n’est pas tout : son nom figure également parmi les nominations pour la Révélation féminine, la Révélation scène et l’Album de l’année. Une reconnaissance rare, surtout pour une artiste dont la carrière solo est encore récente.



Face à cet engouement, Helena se montre étonnamment sereine. Invitée à réagir à ces nominations, elle confie avec une sincérité désarmante : "Je suis juste hyper honorée et très surprise. Je ressens beaucoup de gratitude. C’est la première fois que des professionnels votent pour moi dans une cérémonie telle que les Victoires. Le fait d’être nommée quatre fois, c’est énorme. Pas de pression. Je me dis juste que peut-être j’aurai plus de chance d’en avoir au moins une." Des mots simples, loin de toute arrogance, qui traduisent un rapport humble et lucide à la reconnaissance.



Cette visibilité exceptionnelle arrive dans un contexte déjà très favorable. Trois mois auparavant, Helena avait créé la surprise en repartant avec un double sacre lors des NRJ Music Awards, confirmant son ancrage auprès du jeune public. Mais loin de se reposer sur ses acquis, l’artiste poursuit activement l’exploitation de son premier album, “Hélé”. Sorti en mars 2025, le disque s’est hissé directement à la première place des ventes, cumulant depuis plus de 163.000 exemplaires écoulés. Un chiffre impressionnant qui témoigne d’un lien fort entre Helena et son public.



C’est dans le cadre de la réédition “Hélé 2” que s’inscrit “Capuche”, un morceau qui tranche par sa tonalité et son propos. Là où certains titres précédents jouaient davantage sur l’émotion intime ou les relations amoureuses, “Capuche” s’attaque frontalement à une réalité sociale encore trop banalisée : le harcèlement de rue. Un sujet sensible, universel, que Helena aborde sans jamais tomber dans la provocation ou le discours moralisateur. Sa force réside justement dans cette capacité à raconter sans asséner, à dénoncer sans crier.



Helena explique que l’écriture de cette chanson est née d’un constat presque glaçant : "Je ne connais aucune femme qui a écouté cette chanson et qui ne m’a pas dit qu’elle se reconnaissait dans ce texte." Pour construire les paroles, l’artiste a puisé dans des phrases entendues au fil des années, parfois anodines en apparence, mais lourdes de sens lorsqu’elles s’accumulent. "J’ai créé un personnage en prenant plein de phrases qu’on avait déjà pu me dire dans la rue", confie-t-elle. À cette expérience s’est ajoutée une dimension nouvelle, liée à sa notoriété grandissante. "J’ai aussi allié ces sentiments d’insécurité avec cette nouvelle célébrité qui m’est apparue de manière assez intense. Il y a aussi le manque de politesse, de délicatesse que peuvent parfois avoir les gens dans la rue."


Ces mots, Helena les a partagés sur le plateau de l’émission “C à vous”, rappelant à quel point la frontière est mince entre admiration et intrusion, entre curiosité et malaise. Le harcèlement n’est pas toujours spectaculaire, il se niche souvent dans des regards insistants, des remarques déplacées, une sensation diffuse d’insécurité. Et c’est précisément cette zone grise que “Capuche” explore avec justesse.



Le clip, réalisé par le collectif DOZEN, connu notamment pour ses collaborations avec Roméo Elvis ou Bianca Costa, donne une dimension visuelle forte à ce message. Inspiré du conte du “Petit Chaperon rouge”, dans sa version popularisée par Charles Perrault, le film transpose cette histoire enfantine dans un contexte urbain et contemporain. Helena y apparaît, capuche rouge sur la tête, rentrant seule chez elle après une soirée. "Attention sur le retour, ne sors pas du chemin", lui lance une amie, phrase qui résonne comme un avertissement intemporel.


La nuit tombe, la ville se vide, et l’atmosphère se charge peu à peu d’inquiétude. Sous la lumière de la lune, des ombres semblent bouger, se rapprocher. La silhouette d’un loup apparaît fugitivement, incarnation à la fois évidente et symbolique de la menace. Le clip joue avec les ombres chinoises, les mains qui se transforment, les regards qui épient. À mesure que la chanson avance, le sentiment d’oppression grandit, jusqu’à cette phrase simple, presque désarmante, chantée par Helena : "J’veux juste rentrer chez moi."


Tout est dit. Pas de discours, pas d’effets superflus. Juste une vérité brute, partagée par tant de femmes, et pourtant encore trop souvent minimisée. Le clip de “Capuche” n’est pas seulement un objet esthétique réussi, c’est une proposition artistique cohérente avec l’univers d’Helena. Une artiste qui revendique le droit de raconter des réalités pour mieux les dénoncer, sans jamais perdre de vue la poésie et la douceur qui caractérisent sa musique.



Ce choix artistique confirme une évolution naturelle. Helena ne se contente plus d’être une ancienne candidate de télé-crochet au destin prometteur. Elle s’affirme comme une autrice-interprète consciente de son époque, capable de transformer son vécu et celui des autres en œuvres accessibles, sensibles et profondément humaines. Son succès ne repose pas uniquement sur des mélodies accrocheuses ou une image soignée, mais sur une sincérité qui transparaît à chaque étape de son parcours.


À l’approche des Victoires de la Musique, “Capuche” résonne ainsi comme un symbole fort. Celui d’une génération d’artistes qui refuse de détourner le regard, qui utilise la lumière des projecteurs non seulement pour briller, mais aussi pour éclairer des zones d’ombre. Qu’Helena reparte ou non avec un trophée le 13 février, elle a déjà gagné autre chose : le respect d’un public qui se reconnaît dans ses mots, et l’estime d’une profession qui salue son audace et sa justesse.


Dans un paysage musical souvent dominé par l’éphémère, Helena prend le temps de raconter, de construire, de donner du sens. “Capuche” n’est pas qu’un single de plus dans une discographie en plein essor. C’est une étape, un marqueur, peut-être même un manifeste discret. Celui d’une jeune femme qui avance, capuche sur la tête, consciente des dangers, mais déterminée à continuer son chemin, sans jamais se taire.


 
 
 

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