"Je ne retenais jamais mes codes" : Kendji Girac dévoile l’origine aussi inattendue que touchante de son nom de scène
- Auriane Laurent

- il y a 7 jours
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Il y a des histoires qui semblent presque trop simples pour être vraies, et pourtant, ce sont souvent elles qui racontent le mieux un destin. Celle de Kendji Girac et de son nom de scène en fait partie. Derrière ce patronyme aujourd’hui connu de tous, repris en chœur par des millions de fans et inscrit au sommet des classements musicaux, se cache une anecdote aussi surprenante qu’émouvante, révélée récemment par l’artiste lui-même lors d’une interview accordée au Youtubeur LeBouseuh. Une confidence spontanée qui éclaire d’un jour nouveau le parcours de ce chanteur devenu incontournable de la scène française.
Lorsque Kendji Girac apparaît pour la première fois sur TF1 en 2014, dans l’émission The Voice, peu de téléspectateurs imaginent l’ampleur de la carrière qui l’attend. Guitare à la main, sourire timide et voix solaire, le jeune homme séduit immédiatement. Il remporte la saison et, avec elle, le cœur du public. Les années suivantes confirment cet engouement : "Andalouse", "Color Gitano", "Les Yeux de la Mama" deviennent des tubes intergénérationnels, et Kendji s’impose comme l’un des artistes les plus populaires de sa génération. Aujourd’hui, alors qu’il s’apprête à célébrer ses dix ans de carrière avec une grande tournée et qu’il revient sur le devant de la scène médiatique à l’occasion des 15 ans de The Voice, le chanteur se permet un regard rétrospectif, plus intime, sur ses débuts.
Avant la lumière, avant les grandes scènes et les Victoires de la Musique, il y avait un adolescent de 18 ans, passionné de musique, qui postait des vidéos sur YouTube sans imaginer qu’elles allaient changer sa vie. C’est grâce à une reprise du titre "Bella" de Maître Gims que Kendji est repéré. Sa voix, son accent, son énergie brute attirent rapidement l’attention. Mais à cette époque, Kendji n’est pas encore Kendji Girac. Il s’appelle Kendji Maillé, son véritable nom de famille, celui qui figure sur ses papiers d’identité.
C’est précisément là que commence l’anecdote qui amuse aujourd’hui autant qu’elle touche. Dans son interview, Kendji raconte avec beaucoup de simplicité : "Moi, je m’appelle Kendji Maillé, à la base. Et j’avais fait tellement de comptes avec Kendji Maillé que je ne retenais jamais mes codes". Une phrase prononcée sans prétention, presque en riant, mais qui révèle une réalité très concrète : celle d’un jeune homme qui, comme tant d’autres, multipliait les tentatives sur les réseaux sociaux sans se douter qu’un détail apparemment anodin allait devenir décisif.

Fatigué de perdre l’accès à ses comptes, Kendji prend alors une décision qui va tout changer. L’année précédant son explosion médiatique, il crée un tout nouveau compte Facebook. Cette fois, il choisit un autre nom. Non pas par stratégie marketing, ni par volonté de se créer un personnage, mais pour une raison bien plus personnelle. Il décide d’utiliser le nom de sa mère. "J’avais mis Kendji Girac, le nom de ma mère, et là, j’avais noté mes codes et tout. J’ai dit : 'Celui-là, je le perds pas'". Quelques semaines plus tard, il poste la fameuse vidéo qui va devenir virale. "Un mois après, je fais la vidéo, je la mets et là, boum, ça explose. Et je me suis fait connaître comme ça", confie-t-il.
Ce qui frappe dans ce récit, c’est l’absence totale de calcul. Le nom Kendji Girac n’est pas né d’une réflexion stratégique ou d’un choix artistique mûrement réfléchi, mais d’un geste presque instinctif, ancré dans le quotidien et la famille. Et pourtant, ce nom va devenir une marque, une identité artistique forte, immédiatement reconnaissable.
Derrière ce choix, il y a surtout une figure centrale : celle de sa mère. Kendji n’a jamais caché l’importance qu’elle a eue dans sa vie et dans sa carrière. Le simple fait que l’un de ses plus grands succès s’intitule "Les Yeux de la Mama" en est déjà un symbole fort. Mais son influence va bien au-delà de l’émotion ou de l’inspiration artistique. Elle a été, très concrètement, un pilier dans les moments décisifs.
Avant même de participer à The Voice, Kendji a dû obtenir l’accord de sa famille. Bruno Berberes, directeur des castings de l’émission, avait raconté dans une interview comment les choses s’étaient déroulées. Il avait d’abord eu le père du chanteur au téléphone, enthousiaste à l’idée de voir son fils participer à l’aventure. Mais il avait ensuite fallu convaincre la mère, plus prudente, plus protectrice. Finalement, c’est avec son accord que Kendji a pu franchir le pas. Une décision qui, avec le recul, apparaît comme un véritable tournant.
Aujourd’hui, alors que Kendji Girac célèbre une décennie de succès, il regarde ce parcours avec gratitude et humilité. Dans son livre "Mi vida", paru aux éditions Flammarion, il se livre sans filtre sur son histoire, ses racines, ses doutes et ses réussites. Il y raconte un chemin fait de travail, de persévérance, mais aussi de hasard et de rencontres. L’histoire de son nom de scène en est l’illustration parfaite : parfois, ce sont les choix les plus simples qui dessinent les plus grands destins.
Ce récit résonne d’autant plus auprès du public que Kendji n’a jamais perdu ce lien avec ses origines. Malgré la célébrité, les tournées, les plateaux de télévision, il reste ce jeune homme attaché à sa famille, à ses valeurs et à sa culture. Porter le nom de sa mère n’est pas seulement une coïncidence technique liée à un mot de passe oublié ; c’est aussi, symboliquement, une manière de rendre hommage à celle qui l’a soutenu dès le début, souvent dans l’ombre.
À l’approche des célébrations des 15 ans de The Voice sur TF1, où Kendji fera une apparition très attendue, cette anecdote prend une saveur particulière. Elle rappelle le chemin parcouru depuis cette audition à l’aveugle qui avait retourné les fauteuils et lancé une carrière hors norme. Elle rappelle aussi que derrière chaque artiste se cache une histoire humaine, faite de petites décisions, de doutes et de soutien familial.
En révélant l’origine de son nom de scène, Kendji Girac n’offre pas seulement une anecdote amusante à ses fans. Il partage un fragment de son intimité, une preuve supplémentaire que son succès n’a jamais effacé l’homme simple et reconnaissant qu’il a toujours été. Et c’est sans doute aussi pour cela que, dix ans plus tard, le public continue de l’aimer avec la même ferveur.

















































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