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Victor (Star Academy) : "C’est un héros dans ma vie", cette personnalité qui lui a permis de s’assumer pleinement

  • Photo du rédacteur: Maxime Lemoine
    Maxime Lemoine
  • il y a 6 heures
  • 4 min de lecture

L’aventure de Victor au château de Dammarie-les-Lys s’est arrêtée aux portes de la finale, mais son histoire, elle, est loin d’être terminée. Éliminé par le public lors de la demi-finale de la Star Academy, le jeune artiste n’a pas remporté le trophée tant convoité. Pourtant, il a gagné autre chose, peut-être de plus précieux encore : une voix, une visibilité et la possibilité d’exister pleinement aux yeux de millions de téléspectateurs. Depuis sa sortie du château, Victor savoure un retour à la réalité fait de retrouvailles, d’émotions brutes et de prises de conscience profondes. C’est dans cet état d’esprit qu’il s’est confié longuement au Parisien, livrant un témoignage rare, sincère et profondément humain.


Loin de l’agitation des primes et de la pression permanente des évaluations, Victor redécouvre la vie extérieure avec une forme de gratitude mêlée d’étonnement. Quinze semaines d’isolement ont laissé des traces, mais aussi une immense soif de liens. Il retrouve ses proches, ses amis, et surtout cette "famille choisie" qu’il évoque avec émotion. "Ma bande de potes, qui est ma famille choisie, compte énormément. Ils m’ont encouragé à oser être pleinement moi-même. Ma famille aussi a été d’un grand soutien à ma sortie", confie-t-il. Ces mots simples résument un parcours fait de doutes, mais aussi de soutiens essentiels, parfois invisibles, sans lesquels il n’aurait peut-être jamais osé franchir certaines étapes.



Victor n’a jamais caché sa personnalité singulière. Au contraire, il en a fait une force. Queer, flamboyant, assumé, il a occupé l’espace avec une liberté rare sur une grande chaîne en prime time. Une exposition qui n’allait pas de soi, et qui a parfois ravivé de vieilles blessures. Il évoque sans détour le manque de modèles durant son adolescence, cette impression d’être seul, différent, sans figure à laquelle s’identifier. Aujourd’hui, le regard a changé. "Je pense souvent à tous les jeunes qui peuvent se reconnaître en me voyant. Si cela peut leur donner le sentiment que c’est possible, qu’ils ont le droit d’être comme ils sont et d’aller au bout de ce qui les fait vibrer, c’est précieux", explique-t-il avec gravité. Derrière l’artiste, il y a cette conscience aiguë de la responsabilité que confère la visibilité.



C’est dans ce contexte qu’il révèle le nom de la personnalité qui a bouleversé sa trajectoire intime. Une figure publique, elle aussi passée par la lumière crue de la télévision, et qui a ouvert un chemin là où Victor ne voyait auparavant qu’un mur. "Bilal Hassani a été une figure importante pour moi", confie-t-il. Plus qu’une admiration artistique, c’est un repère existentiel qu’il décrit. Il parle d’"une personnalité hyper courageuse et très forte", capable d’affronter la violence symbolique et les attaques sans renoncer à ce qu’il est. Victor ne minimise pas les difficultés traversées par son modèle, évoquant avec pudeur les "monstruosités honteuses" auxquelles Bilal Hassani a dû faire face. Mais au-delà de la douleur, c’est la résilience qui l’a marqué.



"Bilal Hassani, c’est un héros dans ma vie", affirme-t-il sans détour. Le mot est fort, presque solennel. Un héros non pas pour ses exploits, mais pour sa capacité à rester debout, à créer, à aimer, malgré tout. Grâce à lui, Victor explique avoir appris à rêver autrement, à se projeter dans un avenir qui ne soit pas fait de compromis permanents. "Il m’a permis de rêver, de me projeter, d’oser davantage, de m’assumer", confie-t-il. Ces phrases dessinent le portrait d’un jeune homme qui a longtemps avancé à tâtons, avant de trouver une lumière familière dans le parcours d’un autre.



Son passage à la Star Academy a cristallisé cette évolution. Chaque prime, chaque prestation, chaque moment de vulnérabilité a contribué à construire une identité artistique cohérente, mais aussi profondément personnelle. Victor a souvent évoqué ses périodes de doute, ses remises en question, cette sensation de ne jamais être tout à fait à la hauteur. Pourtant, semaine après semaine, il a gagné en assurance, en justesse, en présence. Son parcours n’a pas été linéaire, mais il a été sincère, et c’est sans doute ce qui a touché une partie du public.


Aujourd’hui, les perspectives s’ouvrent. Les opportunités affluent, les propositions se multiplient. Victor le sait, mais refuse de se précipiter. "Je prends le temps de réfléchir et de bien m’entourer pour écrire et composer", explique-t-il. Une prudence qui contraste avec l’image parfois impulsive que l’on projette sur les jeunes artistes. Il sait que les premiers choix sont décisifs. Musicalement, il se sent attiré par une pop dance, glamour, assumée, nourrie par des influences internationales. Il cite sans hésiter Beyoncé, Lady Gaga, Zara Larsson, Little Mix ou encore Camila Cabello. Des artistes qui ont su conjuguer exigence artistique, identité forte et succès populaire.




Mais la musique n’est pas qu’une affaire de style. Pour Victor, elle est aussi un espace de liberté, un terrain d’expression où les questions de genre, de corps et d’identité peuvent exister sans filtre. Il rêve d’un projet qui lui ressemble vraiment, sans travestissement ni concessions. Et dans un coin de sa tête, il y a ce fantasme assumé : un duo avec Bilal Hassani. Comme une boucle qui se refermerait, ou peut-être un nouveau chapitre qui s’ouvrirait.


Interrogé sur la finale de la Star Academy, qui opposera Ambre à Léa, Victor se montre élégant, presque diplomate. "Toutes deux méritent de l’emporter", assure-t-il. Mais lorsqu’il se laisse aller à un pronostic plus personnel, il penche pour Ambre. "Je vois Ambre gagner", glisse-t-il. Il évoque son talent, sa détermination, et cette envie farouche de victoire qui, selon lui, pourrait faire la différence. À son jeune âge, une telle reconnaissance pourrait être fondatrice.


Victor, lui, avance désormais sans amertume. La Star Academy n’a pas été une fin, mais un passage. Une étape nécessaire pour comprendre qui il est, ce qu’il veut dire au monde, et comment il souhaite le faire. À travers ses mots, ses références, ses silences parfois, se dessine le portrait d’un artiste en construction, mais aussi d’un homme qui a appris à s’aimer un peu plus. En parlant de son héros, il parle aussi de lui, de ce qu’il est devenu et de ce qu’il aspire à être. Et peut-être est-ce là, au fond, la plus belle victoire de son aventure.


 
 
 

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