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Thủ công giấy

Victor (Star Academy) se livre avec une sincérité bouleversante sur son identité et sa famille : "J’ai eu du mal à trouver ma place"

  • Photo du rédacteur: Émilien Charvoz
    Émilien Charvoz
  • 28 janv.
  • 5 min de lecture

Ce mercredi 21 janvier, un moment d’une rare intensité a marqué les téléspectateurs et les académiciens de la Star Academy. Lors du cours d’expression scénique animé par Marlène Schaff, Victor a accepté de se confronter à l’un des exercices les plus délicats de l’aventure : mettre des images sur ce qu’il a longtemps gardé enfoui en lui. À travers un simple dessin, le demi-finaliste a ouvert une porte sur une part intime de son histoire, révélant un parcours intérieur fait de doutes, de silences et de questionnements profonds sur son identité.


Dans une atmosphère calme, presque suspendue, Marlène Schaff a invité les élèves encore en lice à représenter graphiquement leurs émotions les plus intimes. Un exercice d’introspection qui dépasse largement le cadre artistique et qui, chaque saison, fait émerger des récits personnels d’une grande puissance. Victor, connu pour son intensité scénique et sa sensibilité assumée, s’est prêté à l’exercice sans détour, conscient que ce moment allait le mettre à nu.



Âgé de 24 ans, Victor a grandi entre plusieurs territoires ultramarins, notamment Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon et l’île de La Réunion. Ces déplacements successifs ont façonné son regard sur le monde mais ont aussi nourri un sentiment de décalage, parfois difficile à nommer. Devant ses camarades et sa professeure, il a présenté un dessin fort en symboles : une silhouette androgyne, semblant se protéger d’ombres menaçantes, matérialisées par des mains sombres surgissant au-dessus d’elle.



Face à cette image, Victor a pris la parole avec une voix posée mais chargée d’émotion. "Ma plus grande souffrance depuis que je suis petit, c’est de ne pas savoir quel était mon genre", a-t-il confié. Une phrase simple, mais d’une portée immense. Il a ensuite expliqué qu’enfant, il se présentait spontanément comme une fille, sans réellement comprendre pourquoi, ni comment mettre des mots sur ce qu’il ressentait. "Pendant longtemps, je ne savais pas qui j’étais. Je me disais peut-être que j’étais transgenre, mais je ne l’assumais pas."



Ces mots ont résonné bien au-delà des murs du château. Ils traduisent un cheminement intérieur que vivent de nombreux adolescents et jeunes adultes, souvent dans le silence et la solitude. Victor a expliqué combien cette confusion l’a fait souffrir, notamment parce qu’elle l’empêchait de se sentir pleinement à sa place, aussi bien dans son corps que dans son environnement social.



Invité par Marlène Schaff à approfondir la signification de son dessin, Victor a désigné les mains sombres représentées au-dessus de la silhouette. "C’est la chose dans ma vie qui m’a le plus tiré vers le bas", a-t-il précisé. Ces mains symbolisent le poids du regard extérieur, des attentes, mais aussi des peurs intériorisées qui l’ont accompagné pendant des années.


Il a également évoqué sa relation à sa famille, un sujet qu’il aborde avec beaucoup de pudeur. "Avec ma famille aussi, j’ai eu du mal à trouver ma position", a-t-il confié. Victor explique qu’il a souvent choisi de se mettre en retrait, de ne pas prendre trop de place, par crainte de déranger ou de ne pas être compris. "Je ne suis pas quelqu’un qui prend beaucoup de place, et ça m’a fait énormément souffrir."



Ces paroles ont profondément touché Marlène Schaff, qui a salué son courage et sa lucidité. Pour la professeure d’expression scénique, souvent critiquée pour son apparence mais reconnue pour sa bienveillance, ce moment illustre parfaitement le sens de son enseignement : permettre aux élèves d’exister pleinement, au-delà de la performance.


Ces confidences interviennent à un moment charnière de la compétition. Après plus de treize semaines d’aventure, la Star Academy 2025 entre dans sa phase la plus décisive. Victor figure parmi les demi-finalistes aux côtés d’Ambre, Léa et Sarah. Un parcours marqué par des nominations tendues, des remises en question, mais aussi par un soutien constant du public, qui l’a sauvé à plusieurs reprises.

Né à Toulon, Victor n’est pas arrivé par hasard sur la scène de la Star Academy. Très jeune, il s’est tourné vers le théâtre et la musique, explorant différentes formes d’expression artistique. Avant d’intégrer l’émission, il travaillait à temps partiel dans une boulangerie à Paris, où il répétait quotidiennement ses vocalises. Il lui arrivait même de chanter dans la rue, simplement pour le plaisir de partager sa passion.


Dès son premier prime, il a marqué les esprits avec une interprétation habitée de "My Way" de Frank Sinatra. Une prestation audacieuse qui a immédiatement révélé son univers et sa capacité à transmettre des émotions brutes. Il a ensuite enchaîné des performances saluées, notamment sur "Take Me to Church", ainsi que des duos remarqués avec des artistes confirmés comme Tina Arena.


Mais c’est sans doute sa carte blanche sur "Havana" de Camila Cabello qui a confirmé sa singularité. En concevant lui-même une mise en scène théâtrale et personnelle, Victor a montré qu’il ne se contentait pas de chanter : il raconte, il incarne, il ressent. Cette prestation a suscité un vif enthousiasme sur les réseaux sociaux et renforcé son image d’artiste sensible et engagé.


Dans son témoignage, Victor a également tenu à clarifier son rapport à certains codes artistiques. Il a expliqué avoir pris du recul sur des éléments comme le maquillage ou le port de perruques, comprenant qu’ils relèvent avant tout de la scène et du personnage qu’il incarne, sans définir son identité personnelle. Une distinction essentielle pour lui, fruit d’un long travail intérieur.



Les propos de Victor dépassent largement le cadre d’une émission de divertissement. En osant parler de son rapport au genre sur une grande chaîne nationale, il contribue à ouvrir un espace de dialogue nécessaire dans une société encore en pleine évolution sur ces questions. Pour de nombreux jeunes, ses mots résonnent comme un miroir, une validation, voire un soulagement.


Ce qui frappe particulièrement, c’est la durée pendant laquelle Victor dit avoir vécu sans réponse, sans certitude. Ce flou identitaire, loin d’être anodin, a façonné sa personnalité, sa sensibilité et son rapport aux autres. "Peut-être que je suis transgenre mais je ne l’assume pas", a-t-il dit, laissant transparaître la complexité d’un chemin qui ne se résume pas à des étiquettes.


Aujourd’hui, Victor semble plus apaisé, même si le chemin n’est pas totalement achevé. Sur scène comme dans la vie, il avance avec sincérité, acceptant ses zones de fragilité comme une force. À l’approche de la demi-finale décisive face à Ambre, son parcours prend une dimension encore plus symbolique.


Plus qu’un simple candidat, Victor s’impose comme une figure inspirante de cette saison. Son histoire rappelle que la Star Academy est avant tout une aventure humaine, où l’on apprend autant à chanter qu’à se comprendre soi-même. En partageant son vécu, il offre une parole précieuse à celles et ceux qui cherchent encore leur place.


 
 
 

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