“Ça m’a défoncé l’oreille” : Victor revient sur le moment de panique qui a failli tout faire basculer pendant sa carte blanche à la Star Academy
- Pierre Howard

- 26 janv.
- 4 min de lecture
À mesure que la Star Academy 2025 s’approche de son dénouement, chaque prime prend une dimension particulière, presque irréversible. Le samedi 24 janvier 2026, le Studio 217 vibrait d’une tension rare à l’occasion de la première demi-finale opposant Léa à Sarah. Pour ces deux académiciennes, l’enjeu était immense : décrocher le premier billet pour la grande finale. Pour Victor et Ambre, en revanche, la pression de l’élimination semblait momentanément s’éloigner. Qualifiés d’office pour la semaine suivante, ils pouvaient respirer, observer, mais certainement pas se relâcher.
Car à ce stade de la compétition, rien n’est jamais totalement acquis. Même sans être directement menacés, Victor et Ambre devaient continuer à convaincre, à surprendre et à affirmer leur identité artistique. Et pour Victor, cette soirée du 24 janvier allait devenir bien plus qu’un simple passage sans risque. Elle allait marquer un tournant émotionnel, un moment de vérité brut, vécu en direct, sous les yeux de millions de téléspectateurs.
Victor avait remporté quelques jours plus tôt le privilège tant convoité de la carte blanche. Une récompense rare, offerte aux élèves capables de proposer un univers artistique cohérent, personnel et assumé. Pour ce moment clé, le jeune chanteur avait choisi de revisiter le titre "Havana" de Camila Cabello, en y insufflant une énergie plus sombre, plus instinctive, presque animale. Un pari audacieux, pensé comme une déclaration d’intention à quelques semaines de la finale.
Tout semblait parfaitement en place. Les répétitions s’étaient bien déroulées, la mise en scène avait été validée par les professeurs, et Victor abordait ce prime avec une détermination nouvelle. Pourtant, en l’espace de quelques secondes, tout a basculé.

Au cœur de sa performance, alors que le rythme s’intensifiait et que la chorégraphie atteignait son point culminant, un incident technique majeur est survenu. En retirant sa veste pour révéler un second costume, les danseuses ont involontairement arraché le système d’oreillette de l’académicien. Le câble s’est rompu, le micro-pack a suivi, et Victor s’est retrouvé soudainement privé de tout retour son.
Sur le moment, peu de téléspectateurs ont compris l’ampleur de ce qui se produisait. À l’écran, Victor continuait de chanter, concentré, tendu, mais déterminé à aller jusqu’au bout. En réalité, il venait de perdre l’un de ses repères les plus essentiels. Plus de voix dans l’oreille, plus de musique, seulement le son brut du public et de la salle.
Le lendemain, lors du débrief diffusé sur TF1+, Victor est revenu sur cet instant de chaos intérieur. Face à Marlène Schaff, exceptionnellement accompagnée de Thomas Jolly, directeur artistique des cérémonies des Jeux Olympiques de Paris 2024, le candidat a accepté de mettre des mots sur ce qu’il a réellement vécu.
"Quand on m’a enlevé la veste, ça m’a arraché le mic-pack… Ça m’a défoncé l’oreille et tout est parti. Le câble a cassé, et d’un coup, je n’entendais plus que le son du public", a-t-il expliqué avec une sincérité désarmante.
Marlène Schaff, surprise par l’ampleur du problème, lui a alors demandé s’il s’était retrouvé complètement seul face au silence. "Ah donc tu n’avais plus rien du tout ? Tu as chanté à la face jusqu’à la fin ?", a-t-elle réagi. Et Victor d’acquiescer, presque amusé par le recul, mais encore marqué par l’intensité du moment.
"Oui… Sur le coup, ça m’a donné une énergie de survie. Je me suis dit : bon, on y va. Il n’y a plus le choix."
Car derrière cette apparente maîtrise, Victor a vécu une véritable tempête intérieure. Il l’a reconnu sans détour. "Sur le moment, j’étais en panique. Et après, j’étais triste. J’avais l’impression de ne pas avoir vraiment profité de ma carte blanche, parce que j’étais en mode survie du début à la fin."
Une confession qui éclaire différemment cette prestation pourtant saluée unanimement par le jury lors du prime. Car malgré cet accident, Victor n’a rien laissé transparaître. Sa voix est restée juste, son énergie intacte, sa présence scénique impressionnante. Un professionnalisme qui n’a pas échappé aux équipes techniques.
"Les équipes son sont venues me féliciter après. Elles m’ont dit que c’était extrêmement compliqué ce que j’avais fait, et que j’avais tenu jusqu’au bout. Ça m’a beaucoup touché", a confié le chanteur, visiblement encore ému en se remémorant cet échange.
Thomas Jolly, habitué aux performances en direct et aux imprévus de grande ampleur, n’a pas manqué de souligner la maturité artistique de Victor. Gérer une telle difficulté sans rompre le fil du spectacle est une épreuve redoutable, même pour des artistes confirmés. Pour un académicien encore en formation, cela relève presque de l’exploit.
Avec le recul, Victor choisit aujourd’hui de retenir le positif. "Après coup, je suis très fier de moi. J’ai été jusqu’au bout. Et surtout, j’ai montré un côté de moi que je n’avais encore jamais vraiment exposé ici."

Ce côté plus brut, plus instinctif, presque sauvage, il y tenait particulièrement. "Cette performance, c’était pour montrer le côté ‘grrrr’ que je n’avais pas encore montré à la Star Academy. Ce feu intérieur, cette rage de scène. Rien que pour ça, je suis content."
À quelques jours de sa propre demi-finale face à Ambre, prévue le 31 janvier, Victor semble avoir franchi une étape importante. Non seulement sur le plan artistique, mais aussi sur le plan humain. Cet incident, loin de le fragiliser, l’a renforcé. Il lui a rappelé pourquoi il est là, et ce qu’il est capable d’accomplir même lorsque tout vacille autour de lui.
La Star Academy est souvent présentée comme une aventure de talent et de discipline. Mais dans des moments comme celui-ci, elle révèle surtout la capacité des artistes à se dépasser, à transformer la peur en énergie, et le chaos en performance.
Ce soir-là, sur "Havana", Victor n’a pas seulement chanté sans oreillette. Il a chanté sans filet. Et c’est peut-être là que tout s’est joué.

















































Commentaires