Ému aux larmes sur le parquet de Danse avec les stars, Julien Lieb rend un hommage bouleversant à son père et décroche des notes magnifiques
- Pierre Howard

- il y a 9 heures
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Ce soir-là, le parquet de "Danse avec les stars" a pris une dimension particulière. Sous les projecteurs, au milieu des applaudissements et de l’effervescence habituelle du prime, un silence chargé d’émotion s’est installé lorsque Julien Lieb a commencé à danser. À 26 ans, le chanteur, révélé au grand public par la Star Academy, a choisi de livrer bien plus qu’une simple performance technique. Pour le prime spécial "histoire personnelle", il a ouvert une part intime de son passé, rendant hommage à son père disparu.
Durant les répétitions diffusées plus tôt dans la semaine, Julien s’était confié avec pudeur à sa partenaire, la danseuse Elsa Bois. "Notre père est tombé malade quand j'avais 13 ans et il est mort du coup quand j'avais 14 ans. Après ça a laissé un vide gigantesque dans la famille et en moi", a-t-il expliqué, la voix posée mais le regard chargé de souvenirs. Une blessure ancienne, jamais totalement refermée, qu’il a accepté de partager avec le public.
Ce n’est pas la première fois que l’artiste évoque cette absence. Sur son premier album "Naufragé", il rend déjà hommage à son père à travers le titre "L'horloge brûle". Mais cette fois, il ne s’agissait pas de chanter. Il s’agissait de danser. De traduire par le mouvement ce que les mots ne suffisent parfois pas à exprimer.
Pour ce moment si particulier, Julien Lieb a choisi un contemporain sur la chanson "Si seulement je pouvais lui manquer" de Calogero. Un titre profondément mélancolique, qui parle d’absence et d’amour filial, et dont chaque parole semblait résonner avec son histoire personnelle. Dès les premières notes, l’émotion était palpable. Sur le visage du chanteur, la concentration se mêlait à une fragilité assumée.

La chorégraphie, construite autour de gestes amples et de portés délicats, racontait une histoire. Celle d’un fils cherchant encore la présence d’un père parti trop tôt. Chaque mouvement semblait suspendu dans le temps, comme si le plateau tout entier retenait son souffle. Elsa Bois, attentive et complice, l’accompagnait avec justesse, laissant toute la place à l’intensité de son partenaire.
Lorsque la musique s’est achevée, un silence ému a précédé les applaudissements. Julien, les yeux rougis, a tenté de contenir ses larmes. Mais l’émotion était trop forte. Le public, debout, lui a offert une ovation sincère. Ce n’était plus seulement une performance artistique. C’était un moment de vérité.
La surprise ne s’est pas arrêtée là. Quelques instants après sa prestation, ses deux frères, Jordan et Florian, sont apparus sur le plateau pour le féliciter. Leur présence a ajouté une dimension encore plus touchante à la séquence. "C'est un pro !" ont-ils lancé avec fierté, soulignant ses "talents de danseur". Un compliment simple, mais chargé d’affection.
Le jury, lui aussi, a été profondément marqué. Mel Charlot a pris la parole en premier, s’adressant directement à Julien : "C'est extrêmement difficile d'utiliser une vraie situation et émotion et que ça ne prenne pas le dessus sur ta chorégraphie". Elle a salué sa capacité à canaliser sa peine sans perdre en précision technique. Pour elle, la prestation méritait un 8, une note élevée et significative.
Chris Marques, fidèle à sa réputation d’exigence, a partagé cet avis tout en restant légèrement plus sévère dans son évaluation. Avant d’annoncer son 7, il a posé une question qui a fait vaciller le candidat : "Qu'est-ce que tu penses que ton papa t'aurait dit après ce moment ?" Pris par l’émotion, Julien a répondu avec sincérité : "Qu'il m'aurait probablement imaginé sur une scène à chanter et probablement pas à danser". Un sourire discret a traversé son visage lorsqu’il a ajouté : "S'il avait vu toutes les ouvertures que j'ai de partout il aurait dit je pense : 'c'est pas si mal finalement la danse'". Une manière douce de faire vivre encore un peu ce dialogue imaginaire avec son père.
Fauve Hautot a ensuite souligné la qualité technique du contemporain. Elle a apprécié la fluidité, l’engagement et la musicalité de la performance, attribuant elle aussi un 8. Enfin, Jean-Marc Généreux, visiblement touché par le thème de la soirée, a laissé parler sa propre émotion. Lui aussi marqué par l’absence de son père, il n’a pu retenir ses larmes. Sa note, un 8 également, est venue couronner ce moment d’intense humanité.
Au total, Julien Lieb a récolté 31 points pour cette prestation. Ajoutés aux 27 points obtenus lors du premier prime, son score cumulé atteint 58 points. Un résultat solide qui lui permet d’éviter la zone rouge et de poursuivre l’aventure avec sérénité.
Au-delà des chiffres, cette soirée restera sans doute gravée comme l’un des temps forts de la saison. Julien n’a pas seulement prouvé qu’il progressait techniquement semaine après semaine. Il a démontré qu’il était capable d’insuffler à la danse une profondeur rare. De transformer une blessure intime en expression artistique.

Parallèlement à son parcours dans l’émission, le chanteur continue de développer sa carrière musicale. Son clip "BPM" vient tout juste d’être dévoilé, et il s’apprête à assurer la première partie d’Eros Ramazzotti à Bercy, une opportunité majeure. Entre la scène musicale et le parquet de danse, Julien Lieb semble multiplier les défis avec humilité.
Ce prime spécial "histoire personnelle" a rappelé que derrière les paillettes et les costumes scintillants, "Danse avec les stars" est aussi un espace où les artistes peuvent se livrer. Où les émotions vraies trouvent leur place. Et ce soir-là, Julien Lieb a offert au public un moment suspendu, fragile et lumineux à la fois.
En quittant le plateau, encore ému, il a sans doute senti que quelque chose avait changé. Que son père, quelque part, aurait été fier. Fier de le voir oser, danser, s’ouvrir. Fier de le voir transformer l’absence en force.

















































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