Victor (Star Academy) : cette blessure intime qui l’a marqué à vie
- Pierre Howard

- il y a 11 minutes
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Ce vendredi 13 février, Victor a choisi de tomber le masque. L’ancien candidat de la Star Academy, révélé au grand public pour sa voix singulière et sa sensibilité à fleur de peau, s’est confié dans un entretien accordé au média NEON. Loin des projecteurs, loin des performances et des répétitions, il a accepté d’ouvrir un chapitre beaucoup plus intime de son histoire : celui de sa vie sentimentale, de ses blessures invisibles et d’un manque qui l’a profondément marqué.
Depuis son passage dans l’émission, Victor a souvent été salué pour son authenticité. À l’écran, il apparaissait déjà comme un jeune homme sincère, parfois fragile, mais toujours déterminé à rester fidèle à lui-même. Pourtant, derrière cette lumière nouvelle, certaines douleurs demeuraient enfouies. Dans cet entretien, il les évoque sans détour, avec une vulnérabilité rare.
Il parle d’abord de ce qu’il appelle sa "source de beaucoup de souffrances". Une expression simple, mais lourde de sens. Cette souffrance ne vient pas d’un événement brutal ou d’un scandale public. Elle est plus diffuse, plus silencieuse. Elle s’est installée au fil des années, durant l’adolescence, à cette période où tout semble s’écrire pour la première fois : les amitiés, les rêves, les premiers émois amoureux.
Pour beaucoup, le collège et le lycée sont associés aux premières histoires d’amour, aux regards échangés dans les couloirs, aux messages envoyés tard le soir. Mais pour Victor, ces souvenirs ont une couleur différente. Il explique qu’il a longtemps eu le sentiment d’être spectateur de ces romances naissantes, plutôt qu’acteur. En tant que jeune homme gay, il observait autour de lui les couples hétérosexuels se former, se défaire, se reformer. Des histoires parfois maladroites, parfois intenses, mais vécues au grand jour. Lui, en revanche, se sentait à distance.

Cette distance, il ne la décrit pas avec amertume, mais avec une tristesse douce, presque résignée. Il aurait aimé, dit-il, vivre cette légèreté des premières amours. Sentir que ses sentiments pouvaient s’exprimer sans crainte, sans questionnement supplémentaire. Mais ce qui l’a le plus marqué, ce n’est pas seulement l’absence d’histoire, c’est le regard.
"J’aurais aimé parfois être regardé comme un homme hétéro regarde une femme", confie-t-il. Cette phrase, d’une simplicité désarmante, résume un désir profond : celui d’être désiré, reconnu, choisi. Il ne s’agit pas uniquement d’attirance physique, mais d’un regard chargé d’évidence, d’admiration, de naturel. Un regard qui ne pose pas de questions, qui ne cherche pas à comprendre ou à justifier.
Victor explique que cette frustration fait partie des choses qui lui ont "le plus mal" dans sa vie. Il ne dramatise pas, mais il ne minimise pas non plus. Il reconnaît que ce manque a laissé une trace durable. Dans une société où les modèles amoureux hétérosexuels sont largement visibles et valorisés, grandir en se sentant en décalage peut générer un sentiment d’isolement. Ce sentiment, il sait aujourd’hui qu’il est partagé par beaucoup d’autres.
En parlant ainsi, Victor ne cherche pas à susciter la compassion. Il met simplement des mots sur une expérience intime que de nombreux jeunes vivent en silence. Le fait de ne pas se reconnaître dans les schémas dominants peut créer une forme de solitude, même au milieu des autres. On assiste aux déclarations d’amour, aux gestes tendres échangés dans les cours de récréation, mais on ne se projette pas toujours dans ces scènes.
Au fil de l’entretien, il évoque également une histoire particulière, une romance qui l’a profondément bouleversé. C’est dans ce contexte qu’est né un questionnement plus vaste sur son identité. "C’est un questionnement qui va me suivre toute ma vie", admet-il. Cette réflexion ne relève pas d’un effet de mode ni d’une confusion passagère. Elle s’inscrit dans un cheminement personnel, intime, complexe.
Il explique qu’à un moment donné, le désir d’être regardé d’une certaine manière l’a amené à s’interroger sur sa propre identité de genre. Non pas par rejet de lui-même, mais parce qu’il cherchait à comprendre d’où venait cette frustration. Était-ce simplement un manque de reconnaissance ? Un besoin d’être perçu autrement ? Une envie de correspondre à une image plus valorisée ? Ces questions, il les a affrontées avec honnêteté.
Ce qui frappe dans son témoignage, c’est l’absence de colère. Victor ne pointe personne du doigt. Il ne critique ni la société ni son entourage. Il parle de son ressenti, de son vécu. Il accepte que certaines blessures fassent partie de son histoire. En cela, son discours est apaisé, même lorsqu’il aborde des sujets sensibles.
Depuis la Star Academy, Victor a gagné en visibilité. Il a reçu de nombreux messages de soutien, d’amour, d’admiration. Il confiait d’ailleurs après son élimination qu’il avait été bouleversé par la vague de bienveillance qu’il avait découverte en sortant du château. Cette reconnaissance publique a peut-être contribué à atténuer certaines blessures, mais elle ne les efface pas totalement.
Ce qu’il semble rechercher aujourd’hui, ce n’est pas seulement le succès artistique. C’est une forme d’alignement intérieur. Pouvoir être regardé pour ce qu’il est, sans filtre, sans projection. Pouvoir aimer et être aimé dans une simplicité qui lui a parfois manqué plus jeune. Ce désir, universel, dépasse les orientations et les identités. Il touche à un besoin fondamental : celui d’exister pleinement dans le regard de l’autre.
En partageant cette part de lui-même, Victor prend un risque. Celui de l’exposition, de l’interprétation, parfois du jugement. Mais il choisit la sincérité. Il choisit de dire que certaines choses ont fait mal, qu’elles continuent parfois de le questionner, et que cela ne l’empêche pas d’avancer.
Son témoignage résonne particulièrement auprès d’une génération plus attentive aux questions d’identité, de genre et de représentation. Les jeunes artistes d’aujourd’hui n’hésitent plus à parler de leurs fragilités. Victor s’inscrit dans ce mouvement, sans militantisme affiché, mais avec une humanité palpable.

Il ne prétend pas avoir toutes les réponses. Il sait simplement que certaines interrogations l’accompagneront longtemps. "C’est un questionnement qui va me suivre toute ma vie." Cette phrase n’est pas un aveu d’impuissance. Elle est le reflet d’une acceptation. Certaines questions ne demandent pas à être résolues immédiatement. Elles évoluent avec nous.
À travers cette confession, Victor rappelle que derrière les performances et les plateaux télévisés se cachent des histoires personnelles complexes. La célébrité ne protège pas des doutes intimes. Elle peut même les amplifier. Mais elle offre aussi une tribune pour transformer une douleur individuelle en parole collective.
En osant évoquer cette blessure intime, Victor ne cherche pas à se définir uniquement par elle. Il montre qu’elle fait partie de son parcours, au même titre que ses réussites. Et peut-être que cette vulnérabilité assumée est, finalement, l’une de ses plus grandes forces.

















































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